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Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement (plus connue sous le nom de sommet de la Terre) à Rio de Janeiro, au Brésil, en 1992

Pandémies et biodiversité, deux phénomènes inséparables ?

31 min
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Si on ne prend pas garde à la biodiversité, les pandémies vont se multiplier... Telles sont les conclusions d'un rapport rendu il y a quelques jours par l'IPBES. Sa secrétaire exécutive, Anne Larigauderie, est notre invitée pour en parler.

Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement (plus connue sous le nom de sommet de la Terre) à Rio de Janeiro, au Brésil, en 1992
Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement (plus connue sous le nom de sommet de la Terre) à Rio de Janeiro, au Brésil, en 1992 Crédits : Antonio RIBEIRO / Contributeur - Getty

Anne Larigauderie est secrétaire exécutive de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), organisme qui évalue scientifiquement l’état du vivant sur la planète. Il est l'équivalent pour la biodiversité de ce que le GIEC est au climat.

L'IPBES a été fortement inspirée par le GIEC, elle se situe de la même manière à l’interface entre science et politique pour constituer le bras scientifique des gouvernements.      
(Anne Larigauderie)

Elle est notre invitée à l'occasion de la parution le 29 octobre 2020 d'un rapport sur les pandémies publié par l'IPBES. Un groupe d’experts a ainsi réuni vingt-deux scientifiques internationaux pour répondre à deux questions : comment les pandémies émergent-elles et peut-on les prévenir ? 

Ces chercheurs sont arrivés à la conclusion que "l’érosion continue du vivant risque d'entraîner une potentielle "ère des pandémies"". Ainsi, 70 % des maladies émergentes (Ebola, Zika) et la quasi-totalité des pandémies connues (VIH, Covid-19) sont des zoonoses (causées par des virus d’origine animale) mais ce sont bien les activités humaines qui amplifient le phénomène.

La biodiversité, c'est la diversité du monde vivant dans son ensemble.      
(Anne Larigauderie)

Il existerait environ 1,7 million de virus non découverts chez les animaux, et 540 000 à 850 000 d’entre eux pourraient potentiellement infecter les humains. A terme, nous pourrions avoir une pandémie tous les dix ans. Pour les gérer, il s'agirait de les prédire et de les anticiper.

En amont, le cinquième rapport sur les Perspectives mondiales de la diversité biologique (GBO-5) était publié le 15 septembre 2020 par le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique. A l'aune de la COP15 qui se déroulera à Kunming (Chine) en mai 2021, il tire notamment des conclusions pour l'adoption d'un futur cadre mondial de la biodiversité de l'après-2020.      

En outre, le parcours d'Annie Larigauderie correspond pour une grande part à l’avènement de la question de la biodiversité sur la scène politique. Il y a dix ans à Nagoya (Japon), elle monte à la tribune de la Convention internationale sur la diversité biologique (CDB) en tant que directrice exécutive du comité scientifique Diversitas de l’ONU. Devant les représentants de 192 États membres, elle défend la création d’un organisme scientifique chargé d’évaluer l’état de santé des milieux naturels et des populations d’animaux. Cela débouche sur la  création de l'IPBES en 2014, dont elle prend la tête.

Les scientifiques alertent sur cette question depuis bien avant l'établissement de la Convention sur la diversité biologique qui date du Sommet de la Terre de Rio de 1992 ; (…) la recherche sur ce lien entre pandémies et biodiversité fait l'objet de publications depuis une bonne vingtaine d'années. Toutes ces idées ne sont pas nouvelles au sein de la communauté scientifique.      
(Annie Larigauderie)

La grande question de la diversité n'a pour l'instant pas fait de progrès, et c'est un euphémisme.      
(Annie Larigauderie)

Et pour aller plus loin : "Les pandémies vont devenir plus fréquentes et meurtrières, expliquent les experts biodiversité de l'ONU".

Extraits sonores : 

  • Reportage de Sophie Jouve envoyée spéciale à Rio de Janeiro (Sommet de la Terre) 14/06/1992
  • Discours d'Emmanuel Macron sur la biodiversité devant l'Elysée le 6 mai 2019 
Intervenants
  • secrétaire exécutive de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES)
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