LE DIRECT
Les fenêtres éclairées d'un immeuble

Comment la pandémie a modifié nos nuits ?

32 min
À retrouver dans l'émission

Luc Gwiazdzinski est géographe, auteur notamment de "Night studies : regards croisés sur les nouveaux visages de la nuit" (Elya, juin 2020) est en France l'un des pionniers des night studies, un champ de recherche récent mais qui trouve une pertinence nouvelle avec l'instauration d'un couvre-feu.

Les fenêtres éclairées d'un immeuble
Les fenêtres éclairées d'un immeuble Crédits : Jasmin Merdan - Getty

La nuit est politique: des mouvements comme Nuit Debout nous l'avait bien montré. Pour autant, cette politisation de la nuit est-elle mise en danger par le couvre-feu, qui la fait régresser vers l'espace domestique ?

Le confinement était  déjà une espèce de nuit en plein jour. La ville était devenue un archipel, avec quelques lieux sûrs et le vide. (Luc Gwiazdzinski)

La nuit est aussi une industrie qui emploie des centaines de milliers de salariés et fait chaque année plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires. Luc Gwiazdzinski critique donc la stigmatisation qui a été faite de cette industrie, et qui se traduit notamment par le traitement des discothèques, fermées depuis le 14 mars 2020 et toujours sans date de réouverture, mais aussi par le traitement médiatique des soirées clandestines.

La nuit fait peur. On a toujours cherché à la contrôler. On perd la lumière, c'est le temps des complots, c'est la nuit qu'on refait le monde. Les politiques ont toujours cherché à contrôler la nuit sur des mesures sanitaires. (Luc Gwiazdzinski)

La nuit fait l'objet d'une méconnaissance: elle n'est pas seulement festive. Aujourd'hui, 16,5% des travailleurs sont amenés à travailler la nuit. (Luc Gwiazdzinski)

Les 8 mois que la France métropolitaine a passé en couvre-feu ont fortement impacté la santé mentale des Français: la nuit, comme espace de rencontre et d'imprévu, rendue effrayante par un couvre-feu qui en a fait un espace interdit, s'est avérée essentielle au bon équilibre de beaucoup d'entre eux, pas seulement comme soupape où les frustrations s'évacuent dans la fête, mais aussi comme espace de rencontre et de sociabilité, comme espace de liberté.

On a pris conscience de l’importance de la nuit avec le couvre-feu. C’était un espace oublié de la ville, et le couvre-feu nous a donné envie de réinvestir ce temps-là. La ville est un lieu de rencontre, de maximisation des interactions: le couvre-feu a un impact très fort. (Luc Gwiazdzinski)

Ces pressions sur la nuit ont entraîné sa mobilisation: les acteurs ont commencé à travailler ensemble, d’abord pour sauver leur peau. (Luc Gwiazdzinski)

Extraits audios

Retrouvez l'article de Leila Slimani "On est pas sérieux quand on a 17 ans" dans Zadig le mag, 1 mars 2021. 

Intervenants
  • Géographe, enseignant à l’Université Joseph Fourier de Grenoble, chercheur au MoTU et à l’EREIST

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......