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Daniel Cordier, 1945, Paris

Daniel Cordier, le temps de la liberté et des deuils

32 min
À retrouver dans l'émission

Retour sur le parcours du résistant Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, à travers ses mémoires interrompus : "La victoire en pleurant : Alias Caracalla 1943-1946" (Gallimard, 2021), qui suit "Alias Caracalla" (2009). Avec l'historienne Bénédicte Vergez-Chaignon, auteure de la préface.

Daniel Cordier, 1945, Paris
Daniel Cordier, 1945, Paris Crédits : ©coll. personnelle Daniel Cordier

Bénédicte Vergez-Chaignon est docteur en histoire à l'IEP Sciences Po Paris, spécialiste de l’histoire de Vichy et de la Collaboration, auteure notamment de Pétain (Perrin, 2014).

Ça étonne quand on connaît son parcours, c'était un homme qui avait toujours un petit syndrome d'imposture. (Bénédicte Vergez-Chaignon)

C'est elle qui a écrit la préface de La victoire en pleurant : Alias Caracalla 1943-1946 (coll. “Témoins”, Gallimard, 2021) de Daniel Cordier, un livre dont elle a établi l'édition et qu'elle a annoté avec la collaboration de Paulin Ismard et Yann Potin. Cet ouvrage, qui débute in medias res lors de l'arrestation de Jean Moulin, constitue le deuxième volume des mémoires inachevés de Daniel Cordier, dont le premier volume, Alias Caracalla (Gallimard, 2009) s'interrompt en 1943. 

La résistance de 1943, c'est très peu de gens, très peu de ressources; au fond, il est impossible de se consacrer à autre chose sans mettre en péril l'édifice. (Bénédicte Vergez-Chaignon)

Ce combat n'est pas seulement un combat militaire pour vaincre les Allemands, c'est aussi un combat de valeurs. (...) C'est un combat pour les libertés. (Bénédicte Vergez-Chaignon)

Avant-dernier membre des Compagnons de la Libération - un ordre créé en novembre 1940 par le général de Gaulle, Daniel Cordier est mort centenaire le 20 novembre 2020 : il a reçu un hommage national en présence d'Emmanuel Macron. Il a passé plusieurs années de sa vie à défendre la postérité de Jean Moulin, le représentant du général de Gaulle dont il a été secrétaire, à travers une recherche historique colossale.

Il aurait voulu mettre l'art total dans ces livres. (Bénédicte Vergez-Chaignon)

Ce récit a sa spontanéité, il a son fil directeur et je ne voulais pas le détruire. (Bénédicte Vergez-Chaignon)

Il m'a appris deux choses en tant qu' historienne : la chronologie doit être respectée et les archives, c'est le joyau absolu. (Bénédicte Vergez-Chaignon)

Daniel Cordier, Paris, 1943
Daniel Cordier, Paris, 1943 Crédits : ©Coll. personnelle Daniel Cordier.

Bénédicte Vergez-Chaignon dit avoir été peu mêlée à l’écriture d’Alias Caracalla. Elle travaillait alors aux côtés de Cordier à la préparation, notamment, de La République des Catacombes (1999). Dans ces mémoires inachevés, le choix a été fait de conserver les inexactitudes et les interrogations. Il s'agit ainsi, écrit-elle dans la préface, de « laisser Daniel Cordier s’exprimer librement ».

Ce récit est aussi un parcours de liberté : comment Daniel Cordier s'est engagé et a combattu pour la liberté de son pays et pour la sienne aussi. (Bénédicte Vergez-Chaignon)

Il y a des erreurs factuelles dans le livre; (...) c'est la loi de la mémoire. (Bénédicte Vergez-Chaignon)

Extraits sonores :

  • Daniel Cordier; "Daniel Cordier ou Le devoir d'histoire", 01/01/1987
  • lecture de La victoire en pleurant : Alias Caracalla 1943-1946 (coll. “Témoins”, Gallimard, 2021) par Romain de Becdelievre 
  • Daniel Corder, "Daniel Cordier et la polémique avec Henri Frenay", Apostrophes, 1989
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