LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Petit garçon détient petit jouet maison dans les mains

Dehors / Quelle éthique pour la ville ?

34 min
À retrouver dans l'émission

Comment allier le construire et l'habiter dans le cadre d'une éthique de la ville juste? On en parle avec Richard Sennett, sociologue, auteur de "Bâtir et habiter" (Albin Michel,octobre 2019).

Petit garçon détient petit jouet maison dans les mains
Petit garçon détient petit jouet maison dans les mains Crédits : elenaleonova - Getty

Lieu physique d’une part, représentation mentale faite de croyances, de comportements et de perceptions d’autre part, la ville est à distinguer de la cité, qui renverrait davantage à la manière d’habiter un lieu. L’enjeu est alors de les penser dans leurs spécificités et leurs liens, en tenant compte de l’ "asymétrie tourmentée" entre l’identité de chacune, qui veut que la ville soit aussi vécue comme un lieu générant du stress ou comme le thhéâtre de l’intolérance. 

L’urbaniste ne doit pas être le serviteur de l’habitant. Il y a souvent, dans la façon dont les gens veulent vivre, assez peu d’éthique. Beaucoup de gens veulent vivre en vase clos; les urbanistes ne devraient pas accepter de construire ce genre de ville.        
 

Et c’est précisément le rôle de l’urbaniste de penser la ville dans le cadre d’une éthique qui concilie justice et mixité, en refusant notamment de céder aux demandes citoyennes lorsque celles-ci exigent des formes de ségrégation spatiale et des communautés murées. C’est le propos de Richard Sennett, notre invité aujourd’hui. 

Sociologue et professeur à la London School of Economics ainsi qu'à la New York University, fondateur du New York Institute for the Humanities, il explore le rôle social d'homo faber, cette figure que les philosophes du XVIIIème siècle associaient au travail de bonne qualité et que lui relie à une éthique de la modestie et de la réalisation individuelle. 

La ville c’est le bâti, la cité c’est la manière de l’habiter.        

Ainsi, après s’être livré à une étude de l’artisanat dans Ce que sait la main (Albin Michel, 2010) puis à une analyse de la coopération sociale dans Ensemble. Pour une éthique de la coopération (Albin Michel, 2014), il revient à présent avec Bâtir et habiter (Albin Michel, octobre 2019), qui, écrit-il, place homo faber au centre de la ville. 

Revenant en outre sur une certaine histoire de la ville – celle des architectes et urbanistes emblématiques, de Haussmann à Lewis Mumford,- il relie son travail d’urbaniste à une réflexion sur la coopération, prônant des villes ouvertes, donc complexes et flexibles dans leur aménagement.

Les villes où tout est déterminé à l’avance sont des villes que l’on n’aime pas. On ne peut pas concilier le fait d’avoir une ville vivante et une ville pacifiée.        

Pour une éthique de la modestie, de la sociabilité et de la justice dans la ville, un essai entre sociologie, philosophie, urbanisme et architecture.

Extraits sonores : 

  • Lewis Mumford (onf.ca , 1963)
  • Ricky Burdett (blogs.letemps.ch, 21 janvier 2017 )
Intervenants
  • sociologue, professeur à la London School of Economics et à la New York University
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......