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Épisode 4 :

Les immunités en question

33 min
À retrouver dans l'émission

Alors que l'OMS vient d'annoncer la fin des tests sur l'hydroxychloroquine, que ne sait-on pas encore sur le Covid-19 ? On en parle avec Alain Fischer, médecin immunologue et titulaire au Collège de France de la chaire «Médecine expérimentale », à l'occasion de sa leçon de clôture.

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Coronavirus Crédits : dowell - Getty

Alain Fischer est professeur d'immunologie pédiatrique, membre de l'Académie des sciences et de médecine et membre fondateur de l'Institut Imagine (Institut des maladies génétiques). Dès les années 1990, il recourt à la thérapie génique pour soigner des enfants atteints de maladies graves. 

Mes collègues soignants, médecins ou pas médecins, se sont mobilisés d'une façon absolument extraordinaire et ont montré leurs capacités d'adaptation dans des circonstances extrêmement difficiles.      
(Alain Fischer)

Titulaire de la chaire Médecine expérimentale du Collège de France, il y donne des enseignements qui, depuis le premier cours, « Eléments d'analyse du système immunitaire » (2013-2014), forment un ensemble très cohérent. Ce jeudi 18 juin à 18h, il donnera sa leçon de clôture intitulée « Les deux faces de la réponse immunitaire lors du Covid-19 ». Une leçon dans l'air du temps, à l'heure où l'établissement a dû fermer ses portes au public à cause de la pandémie. Néanmoins, les cours et contenus sont restés accessibles  à distance, et cette leçon ne déroge pas à la règle : elle sera diffusée en directe et se centrera notamment sur les connaissances relatives à la réponse immune induite par le virus.

Pour avancer dans les connaissances, la seule façon de procéder, c'est une démarche scientifique rigoureuse qui aboutisse à des publications dans des journaux scientifiques après analyse par des pairs.    
(Alain Fischer)

Expérimenter pour comprendre, voilà l'une des prérogatives du Professeur Alain Fischer. Selon lui, qui dit avoir toujours voulu être médecin-chercheur, pas de science sans observation ni expérimentation. Il focalise ses travaux sur les déficits immunitaires, caractérisés par une défaillance du système immunitaire entraînant des susceptibilités aux infections, aux maladies allergiques, auto-inflammatoires et aux cancers. 

Aujourd’hui, Alain Fischer mène un travail pédagogique pour diffuser les connaissances sur l’immunologie, notamment à travers ses cours au Collège de France, et lutter ainsi contre la propagation de fausses nouvelles dans le domaine scientifique. 

Si on parle du vaccin, il y a différentes approches possibles, dont certaines tout à fait innovantes. Le fait qu'il  y ait au moins 7 ou 8 pistes différentes de stratégies pour mettre au point les vaccins qui soient testés est une bonne chose.(...) La diversité, comme souvent en recherche scientifique, a du bon. Maintenant, elle va peut-être un peu loin. (…) Beaucoup de choses supplémentaires pourraient être faites en commun.      
(Alain Fischer)

Pour lui, l'urgence à trouver un vaccin contre le Covid-19 ne dispense pas de mener des essais cliniques rigoureux. Et, alors que la France a annoncé le 13 juin avoir passé un accord avec d’autres pays européens pour garantir la fourniture de 400 millions de doses d’un vaccin-candidat contre le Covid, une fraction importante de la population refuse par principe tout futur vaccin. 

L'enjeu majeur est de résister à toutes sortes de pressions médiatiques, politiques et industrielles, et de se donner les garanties à l'égard de la population que ces vaccins qui seront proposés (...) soient efficaces et sûrs. Et ça prend du temps, de démontrer tout cela.      
(Alain Fischer)

Je pense qu'il faut respecter ce temps de la recherche et du développement qui n'est pas le temps médiatique.      
(Alain Fischer)

Alain Fischer, qui a présidé la concertation citoyenne sur la vaccination en 2016,- laquelle a notamment débouché, en 2018 sur la décision de rendre obligatoires 11 vaccins pédiatriques-  défend la nécessité d'un vaccin et décrit les causes d'une telle méfiance. Parmi elles, le fiasco de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1, en 2009, dont le risque avait été surévalué par les autorités sanitaires, et qu'il ne faut pas imiter. Il ajoute, que dans le cas où un vaccin contre le Covid-19 serait mis au point, il ne serait pas souhaitable d'adopter de nouvelles obligations vaccinales qui ne feraient qu'exacerber les résistances. 

Alain Fischer insiste notamment sur la responsabilité des soignants dans la communication autour de la vaccination. Selon lui, ceux qui refusent le vaccin participent grandement de la méfiance du public. Ce matin même, Jean-Francois Delfraissy, le président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) était auditionné par la commission d'enquête parlementaire sur la gestion de la crise du Covid-19. 

La représentation parlementaire, qui est un organe majeur de notre démocratie, a le droit de s'interroger sur la façon dont les pouvoirs publics et notre société ont réagi face à cette crise : ce qui a été anticipé ou pas, est-ce que la réaction a été bonne ?      
(Alain Fischer)

Extraits sonores : 

  • Didier Raoult (7 jours BFM, 30/04/2020)
Intervenants
  • Médecin, professeur d'immunologie et Président du comité d'orientation de la "Concertation citoyenne sur les vaccinations"
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