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Une salle de théâtre vide

Fabrice Luchini : "Il y a aujourd’hui un esprit de sérieux, de gravité, où l’espièglerie et l’humour ne sont plus praticables"

34 min
À retrouver dans l'émission

Que nous dit le théâtre en temps de crise ? Conversation sur l'époque, avec le comédien Fabrice Luchini.

Une salle de théâtre vide
Une salle de théâtre vide Crédits : BERTRAND GUAY - AFP

"C'est terrifiant, c'est morbide, c'est sordide" : ainsi s'exprimait Fabrice Luchini sur Tweeter au sujet de l'annonce du couvre-feu, la semaine dernière. Un arrêt de mort pour la monde de la culture, notamment celui du théâtre. Le comédien évoque aussi la pièce de Jules Romains, Knock ou le Triomphe de la médecine, pour parler du monde d'aujourd'hui. Face à cela, quel est le rôle de l'artiste, et en particulier celui de l'homme de théâtre, dans la Cité ?

Il y a aujourd’hui un esprit de sérieux, de gravité, où l’espièglerie et l’humour ne sont plus praticables. (Fabrice Luchini)

Je n’ai pas les compétences pour savoir si le gouvernement prend les bonnes décisions. J’ai eu un petit mouvement d’humeur, c’est tout, en utilisant l’humour de la pièce de Jules Romains. (Fabrice Luchini)

Depuis les origines du théâtre, dans l'Antiquité grecque, le spectacle est un lieu lié à l'exercice de la citoyenneté puisqu'il correspond à des fêtes religieuses en l'honneur de Dionysos et naît en parallèle de la démocratie. Plus récemment, d'autres hommes de théâtre au cœur de l'univers de Fabrice Luchini ont exploré les liens qui unissent vie théâtrale et vie sociale. On peut d'abord penser à Albert Camus et à un passage de La Peste (1947) dans lequel a lieu une représentation théâtrale dans la ville d'Oran alors en pleine épidémie de peste. D'ailleurs, le roman d'Albert Camus a connu un regain en termes de vente pendant la crise sanitaire : les Français puisent-ils dans leur patrimoine littéraire de grands textes pour trouver des réponses en temps troublés ?

Pendant le confinement, j’ai fait tous les trois jours une fable de La Fontaine. La Peste de Camus, je l’ai relue pendant cette période-là. (Fabrice Luchini)

Autre grande figure pour Fabrice Luchini : celle de Louis Jouvet, et d'un théâtre, via le Cartel des Quatre, qui promeut les grands textes littéraires auprès d'un public de plus en plus large. Louis Jouvet est aussi celui qui a prononcé le fameux "Au théâtre on joue, au cinéma on a joué", phrase qui nous rappelle que l'art de la scène se joue dans l'instantané, l'incarnation, la présence, le corps... Autant de choses qui nous interpellent en période de crise sanitaire, alors que l'espace social se voit envahi par la distanciation et les gestes barrières. 

La fraternité de Jouvet, c’est le fait de venir au théâtre et écouter l’acteur de manière unique. Nous vivons quelque chose que Jouvet n’a pas vécu. Face à une parole, face à un verbe, le spectateur accepte que « Je est un autre ». (Fabrice Luchini)

On pourra aussi évoquer le rapport de la modernité à la fête, via le concept d'homo festivus de Philippe Muray : que nous apprend le pamphlétaire et analyste sur notre société ?

Il a conceptualisé l’homme qui fait la fête comme un système totalitaire. Muray est prioritaire, essentiel. (Fabrice Luchini)

Extraits sonores :

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