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Gustave Courbet - "Le Désespéré" (1843)

Faut-il être (un peu) fou pour être un bon artiste ?

33 min
À retrouver dans l'émission

Folie et créativité vont souvent de pair suggère Diderot. De cette idée, Raphaël Gaillard, psychiatre et expert judiciaire, a tiré le livre "Un coup de hache dans la tête. Folie et créativité" (Grasset, janvier 2022). Il est notre invité aujourd'hui.

Gustave Courbet - "Le Désespéré" (1843)
Gustave Courbet - "Le Désespéré" (1843) Crédits : Gustave Courbet, Public domain, via Wikimedia Commons

Denis Diderot écrit dans son ouvrage Salon de 1765, à l'occasion d'une digression à propos du peintre Jean-Baptiste Greuze, que "Nos qualités, certaines du moins, tiennent de près à nos défauts. (...) Les grands artistes ont un petit coup de hache dans la tête". Il établit ainsi le lien entre "folie" et créativité.

C'est de ce lien que nous parle le Professeur Raphaël Gaillard. Médecin psychiatre, il dirige le pôle hospitalo-universitaire de psychiatrie de l’hôpital Saint-Anne et de l’Université de Paris. Président de la Fondation Pierre Deniker qui œuvre pour la recherche sur les troubles psychiques, il publie Un coup de hache dans la tête aux éditions Grasset. Un livre qui entraîne le lecteur dans son quotidien de psychiatre autant que dans le monde de la médecine et des artistes pour interroger les rapports entre créativité et troubles mentaux.

Son propos pourrait se résumer ainsi : les mutations génétiques entraînant des troubles mentaux concernent les mêmes gênes que ceux en lien avec la créativité. Pour Raphaël Gaillard, "il y a un mystère dont il faut rendre compte, c'est celui de l'extraordinaire fréquence des troubles mentaux". Or selon lui, si ces troubles sont présents partout dans le monde, c'est probablement parce qu'ils sont liés à ce qui fait de nous des êtres humains, notre capacité à  recréer le monde en pensée.

L'occasion aussi d'une réflexion sur la pratique du psychiatre. Car selon notre invité, "être psychiatre, c'est faire sienne l'objectivité de la science, et en même temps être un amoureux de la subjectivité, celle qui accompagne chaque personne". Il faut en tant que psychiatre donner de l'importance aux silences, à la ponctuation, à la scansion. Surtout, être sensible au récit du patient : "Je crois qu'il n'y a pas de bon psychiatre qui ne soit lecteur " (Raphaël Gaillard).

Une réflexion psychiatrique qui fait sens voire nécessité aujourd'hui, en contexte de crise. Ce que souligne Raphaël Gaillard : "Nous sommes une chambre d'écho de la société. (...) Cette chambre d'écho nous fait entendre les difficultés d'une société qui est laminée par l'incertitude inhérente à cette crise sanitaire, par l'isolement qui renforce la souffrance...".

Extraits sonores : 

Intervenants
  • professeur de psychiatrie à l'Université PAris Descartes, chef de pôle à l'hôpital Sainte-Anne, chercheur en neurosciences cognitives.
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