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"Goulag, une histoire soviétique" (Patrick Rotman, 2017)

Goulag, un chapitre occulté de l’histoire soviétique

33 min
À retrouver dans l'émission

Il s'empare de la mémoire "oubliée" du Goulag : Patrick Rotman, réalisateur du documentaire "Goulag, une histoire soviétique" (diffusé sur Arte le 11 février), est notre invité.

"Goulag, une histoire soviétique" (Patrick Rotman, 2017)
"Goulag, une histoire soviétique" (Patrick Rotman, 2017) Crédits : Tomasz Kizny

Il voulait livrer "une histoire totale et globale du Goulag", qui, dit-il, manquait encore. Le réalisateur Patrick Rotman est notre invité à l’occasion de la diffusion sur Arte le 11 février de son documentaire Goulag, une histoire soviétique. A voir également sur Arte.tv du 4 février au 10 avril 2020.

Le terme de "Goulag" naît en 1930, lorsque Staline s’engage dans une industrialisation à outrance. Où prend-il la main d’œuvre ? aux goulags ! Ils vont construire les canaux, les grands travaux, faire les recherches minières, etc... (…) Les zeks vont construire les grandes infrastructures dont va se glorifier Staline.              
(Patrick Rotman)

Présentée en compétition au festival documentaire Fipadoc de Biarritz, cette série documentaire raconte en trois épisodes de 52 minutes la formation, l'apogée et le démantèlement de ce régime, qui servait autant à broyer les opposants qu’à stimuler l'économie soviétique via le travail forcé.

Au début, ce sont les opposants politiques qui sont envoyés au Goulag. Mais quand les goulags deviennent une machine économique qui va avoir besoin d’une main d’œuvre inépuisable (…), on prend n’importe qui. Normalement, est un "politique" quelqu’un condamné selon l‘article 58, qui interdit des activités révolutionnaires. Mais tout le monde peut être condamné selon cet article.              
(Patrick Rotman)

Des origines du Goulag entre 1917 et 1933,- le documentaire s’ouvrant notamment sur le "laboratoire du système concentrationnaire soviétique", sur les îles Solovki, et sur la création de la Tcheka, police politique agissant hors de toute légalité, - à l’apogée et l’agonie du système, entre 1945 et 1957, l’ensemble souligne la démesure du système. Ainsi, on estime à 40 millions le nombre de personnes déportées, des populations entières de Polonais ou de Tchétchènes, entre autres.

Surtout, Patrick Rotman montre qu’en Union soviétique et après 1991, en Russie, il n’y a pas eu de volonté de construire une mémoire du Goulag. En outre, son film a bénéficié de l’apport de l’association russe Mémorial, qui, dès 1988, commence à collecter des centaines de témoignages de survivants, décédés aujourd’hui pour une grande part d’entre eux.  Enfin, grand défi de la réalisation, le va-et-vient permanent entre l’analyse générale et les histoires vécues, permettant de se représenter ce que les gens ont enduré dans les camps. 

L’ambition était à la fois de raconter cette histoire et de raconter ce qu’il se passait dans les goulags : la vie quotidienne, les enfants et les femmes au Goulag.              
(Patrick Rotman)

À noter, le livre Goulag, une histoire soviétique (Beaux Livres, Seuil, 2019), de Nicolas Werth, François Aymé et Patrick Rotman, ainsi que le documentaire Goulag de Hélène Châtelain, Iossif Pasternak (2000). En quatre parties, il revient, de 1920 à 1950, sur les lieux mêmes de la détention et de la disparition des victimes du systèmes concentrationnaire soviétique.

Extraits sonores : 

  • Extraits de Goulag, une histoire soviétique (Nicolas Werth, François Aymé, Patrick Rotman, 2019)
  • Lettre de Sibérie, film documentaire réalisé par Chris Marker en 1957
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