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"On achève bien les gros" (ARTE France, Bangumi, 2020)

Grossophobie : le corps discriminé

32 min
À retrouver dans l'émission

Quand les corps gros sont-ils devenus un problème pour la société? On en parle avec Gabrielle Deydier, co-auteure et co-réalisatrice du documentaire "On achève bien les gros", et Solenne Carof, sociologue et auteure de "Grossophobie" (Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 10 juin 2021).

"On achève bien les gros" (ARTE France, Bangumi, 2020)
"On achève bien les gros" (ARTE France, Bangumi, 2020) Crédits : Gabrielle Deydier, Laurent Follea et Valentine Oberti

Le terme "Grossophobie", venu du militantisme, désigne au sens premier la peur des gros. Et c'est bien des gros que nous parle Gabrielle Deydier, dans l'idée que "gros" n'est qu'une description factuelle qu'il ne faut pas craindre d'utiliser. Elle est l'auteure de On ne naît pas grosse (Editions de la Goutte d´Or, 2017), adapté en téléfilm (Moi, grosse, diffusé sur France 2 en 2019).

On peut espérer que la visibilité du terme ("grossophobie") puisse peut être énoncer la visibilité d'un phénomène particulier. (Solenne Carof)

Oui je suis grosse, et alors? J'ai décidé de le dire car je trouve que le mot grosse est toujours mieux utilisé dans ma bouche que dans la leur. (Gabrielle Deydier)

Le documentaire adapté de ce livre, On achève bien les gros, réalisé et écrit par Gabrielle Deydier, Laurent Follea et Valentine Oberti, est à revoir le 8 juin 2021 sur Arte et disponible du 25 mai 2021 au 04 décembre 2021 sur Arte tv. Gabrielle Deydier y mêle le récit de son parcours et ses recherches sur la “grossophobie”. Elle y intercale aussi des scènes de fiction inspirées du roman Métabo, qu'elle est en train d'écrire et qui dépeint une dystopie hygiéniste dans laquelle les gros n'auraient pas leur place. 

Déborder, c'est devoir rendre des comptes tout le temps, devoir se justifier, devoir se mettre de côté et, parfois, dangereusement.(Gabrielle Deydier)

Les personnes grosses débordent des normes morales et médicales, les deux étant extrêmement liées depuis longtemps. (Solenne Carof)

Solenne Carof, maîtresse de conférences en sociologie à Sorbonne université, est notre deuxième invitée. Elle analyse le succès médiatique de On ne naît pas grosse dans son livre Grossophobie. Sociologie d'une discrimination invisible (coll. Interventions, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 10 juin 2021). Une enquête sociologique où elle montre la conquête croissante de l'espace publique et médiatique par les personnes grosses. Une visibilité encore limitée néanmoins pour ces personnes souvent stigmatisées et discriminées à cause des représentations sociales autour du poids.

Le but est de visibiliser cette discrimination qui est encore considérée comme peu légitime. (Solenne Carof)

Ce n'est pas forcément les personnes les plus grosses qui se sentent concernées par la discrimination. Quelque chose de l'ordre de l'empathie se joue avec des personnes souffrant de discrimination à d'autres endroits. (Gabrielle Deydier)

Pour aller plus loin, l'article "On fait disparaître les obèses au lieu de faire disparaître l'obésité" dans le dernier numéro (juin 2021) de la revue "La Déferlante". 

Extraits sonores : 

  • "On achève bien les gros" (réalisé et écrit par Gabrielle Deydier, Laurent Follea et Valentine Oberti, le 8 juin 2021 sur Arte et disponible du 25/05/2021 au 04/12/2021 sur Arte tv)
  • France Cuture, "Grand angle", "Les grosses dames", 1994

Bibliographie

On ne naît pas grosseGabrielle DeydierEditions Goutte-d'Or, 2017

"On achève bien les gros" (ARTE France, Bangumi, 2020)

On achève bien les grosGabrielle DeydierARTE France, Bangumi,, 2020

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