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"It Must Be Heaven" (Elia Souleiman, 2019)

Comment filmer le conflit sans le montrer ?

34 min
À retrouver dans l'émission

Le réalisateur Elia Suleiman, Buster Keaton ou Jacques Tati palestinien qui croit aux vertus de l'absurde, de l'humour, de la poésie et de l'amour, revient avec "It Must Be Heaven" (en salle le 4 décembre).

"It Must Be Heaven" (Elia Souleiman, 2019)
"It Must Be Heaven" (Elia Souleiman, 2019) Crédits : Le Pacte

L’herbe est-elle plus verte ailleurs ? C’est la question que pose Elia Suleiman dans son dernier film, It Must Be Heaven, mention spéciale du jury au dernier Festival de Cannes, à voir en salle le 4 décembre.

Un retour en force du réalisateur palestinien qui n’avait pas réalisé de long-métrage depuis dix ans - exception faite du film Diary of a beginner qu'il a réalisé pour 7 jours à la Havane de Benicio Del Toro et Pablo Trapero en 2012-, et qui revient après des films comme Le temps qu’il reste (2009) ou Intervention divine, qui traitent notamment de l’histoire de la Palestine au prisme de l’intime et de l’histoire familiale. Ainsi Elia Souleiman cherche-t-il, ce sont ses mots, à composer des images, peut-être plus qu’à traiter du conflit israélo-palestinien.

Je considère mes films comme une espèce de documentation : je suis présent, je n'en suis pas le héros, mais l’ambiance du film vise à représenter l’époque dans laquelle nous vivons.            
(Elia Souleiman)

Avec It Must Be Heaven, il reprend le rôle de ES, son alter ego, et part voir si le paradis, qui n’est pas à trouver à Nazareth, se situerait ailleurs. De Paris à New York, il observe les gestes de l’Homme occidental, philosophe s’intéressant aux petites choses, témoin d’un monde qui, constamment, voudrait le réduire à son rôle de palestinien. Opérant un renversement, Elia Souleiman fait du monde entier un "microcosme" de la Palestine, montrant que les pays dits "en paix" peuvent eux aussi être liberticides. 

Il faut regarder la géopolitique à l’échelle de la planète, tout est lié : ce qui se passe en Palestine a lieu en partie à Paris. C’est un effet boomerang en réalité. Je voulais montrer cette réalité et poser la question de la violence à l’échelle mondiale.            
(Elia Souleiman)

Pour ce réalisateur cosmopolite (il a vécu à New York, vit désormais à Paris), partir serait finalement le meilleur moyen de se retrouver. Surtout, si ce film est, dit-il, le plus désespéré de tous, il reste un espoir dans la jeune génération  qui, guère guidée selon lui par la culture de consommation, cherche des alternatives. 

Je n’ai pas de pays : j’ai le privilège de ne pas être associé  à l’Occupation ou à un régime militaire. […] Cela m’offre la possibilité de considérer tous les autres pays comme le mien.            
(Elia Souleiman)

Extraits sonores : 

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