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Léonora Miano en majesté

33 min
À retrouver dans l'émission

Une fiction identitaire pour tenter d’envisager d’autres possibles... Notre grande invitée, l’écrivaine Léonora Miano, auteure de "Rouge impératrice" (Grasset, 21 août 2019), nous parle de la mémoire des peuples et des possibilités de les unir.

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Route Crédits : Claudio Braslavsky / 500px - Getty

Léonora Miano est notre invitée pour cette Grande table des idées. Elle est l'auteure de Rouge impératrice, un roman fleuve qui nous projette dans une Afrique future réunifiée, un continent prospère où se réfugient des immigrés de la vieille Europe. Une fable politique qui questionne la mémoire des peuples et nos crispations identitaires. 

Le futur de l’Afrique ne réside pas dans son passé mais dans cette capacité  à accepter les mutations de l’histoire et dans le défi d’avoir à inventer une nouvelle société.              
(Léonora Miano)

Un roman qui rappelle l’importance de vivre en paix avec le passé. Le monde qu'il invente, Katiopa, en 2124, serait-il un paradis comme celui que recherchait Toni Morrison, un lieu pour tous, qui n’aurait pas besoin d’exclure ni d’enfer pour exister ? Pour Léonora Miano, ce paradis dont elle commence à distinguer l’image ne se dessine encore qu’en ébauche dans Rouge impératrice. Pour atteindre l’utopie, en Afrique subsaharienne par exemple, une conscience de soi réhabilitée et un passé que l’on accepte sont, dit-elle, des conditions. Il s’agit ainsi de vivre de manière apaisée avec une Histoire que l’on ne peut effacer.

Nous devenons Afrique au moment de la rencontre avec l’Europe.              
(Léonora Miano)

Léonora Miano rappelle notamment la responsabilité des deux parties, Europe et Afrique, et le rôle de l’affect, de la relation amour-haine, dans cette histoire qui n'est pas que rationnelle. Car ce qui soumet une société, ajoute-t-elle, vient bien souvent de l'intérieur.

J’ai une définition très négative de l’Africanité, qui vient du fait que nous ne nous soyons pas encore appropriés ce nom « Afrique », qui nous a été donné et que nous n’avons pas suffisamment investi dans nos aspirations. Que peut être l’Africanité dans un tel contexte, sinon une série de désordres ?              
(Léonora Miano)

A la question des peuples et des continents se joint celle du climat et de ses drames, de l'accueil des migrants, des minorités, autant de présences que la France, en tant qu'elle dépasse ses propres frontières et les frontières européennes jusqu’en Afrique, se devrait d'accueillir.

Moi, j’attends une Marianne qui ait les traits d’une femme canaque. […] Il faut faire la place à toutes ces présences, à ce qu’elles portent en termes de culture et à leur manière de voir l’Histoire.              
(Léonora Miano)

Ce qui m'étonne beaucoup dans les discours sur le "grand remplacement", c'est la peur de l'autre quand on appartient à une civilisation qui a conquis le monde et qui reste dominante sur le plan épistémologique; quand on a à ce point triomphé, on ne peut pas se plaindre de payer le prix de ce triomphe.     
(Léonora Miano)

Extraits sonores : 

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