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Gisèle Halimi lors du débat sur la dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) à l'Assemblée naionale en 1974

Les farouches libertés d'Halimi et Cojean

33 min
À retrouver dans l'émission

Les combats de Gisèle Halimi, l'avocate qui défendait les femmes et toutes les victimes qui relèvent la tête. Annick Cojean, grand reporter au Monde, a recueilli ses propos pour un livre entretien juste avant son décés. Elle est notre invitée.

Gisèle Halimi lors du débat sur la dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) à l'Assemblée naionale en 1974
Gisèle Halimi lors du débat sur la dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) à l'Assemblée naionale en 1974 Crédits : Gilbert UZAN / Contributeur - Getty

Ne jamais considérer, pour les femmes, que ce qu'elles ont est définitif.      
(Gisèle Halimi)

Annick Cojean est grand reporter au Monde, directrice et présentatrice des collections Empreintes et Duels sur France 5 et auteure de plusieurs livres. Elle préside de 2010 à 2020 le jury du Prix Albert-Londres, elle-même lauréate de ce prix en 1996 pour sa série de cinq reportages, Les Mémoires de la Shoah.

Je veux défendre la liberté d’expression, la liberté de penser ;(...) il y a des signaux inquiétants qui méritent qu’on les dénonce, qu’on s’émeuve et qu'on fasse changer les choses.            
(Annick Cojean)

En 2020, elle publie Une farouche liberté (Grasset), un livre d’entretiens autobiographiques avec l'avocate Gisèle Halimi qui paraît peu avant la mort de celle-ci . Il revient sur la vie de combattante de cette figure emblématique du féminisme et des droits humains.

Les victimes, pour elle, ça voulait dire beaucoup de choses, pas que les femmes. Et elle se mettait du côté des victimes.        
(Annick Cojean)

Militante de la cause des femmes, qui a contribué à faire changer les lois sur le viol et l'avortement, Gisèle Halimi est décédée le 28 juillet 2020, au lendemain de son 93e anniversaire. Née en Tunisie en 1927, dans une famille pauvre, peu éduquée, elle décidé très tôt de dire non aux différences de traitement entre elle et ses frères. De cette « révolte initiale », par les livres, et par l'école, elle décide qu'elle sera avocate et, une fois son bac en poche à Paris, prête serment à Tunis en 1949.

Elle gagne deux grands procès emblématiques qui ont contribué à faire changer la société vis-à-vis du viol. Celui d’Aix-en-Provence d'abord - dans les annales, « le procès du viol »- et le procès de Bobigny (1972), pour défendre Marie-Claire, lycéenne de 16 ans, violée et dénoncée à la police par son violeur pour avoir avorté. Au tribunal, Gisèle lancera d'emblée : "J’ai avorté. Je le dis. Messieurs, je suis une avocate qui a transgressé la loi." 

Certains lui reprochaient de faire des procès tribunes, des procès médiatiques. Ben sur qu'elle voulait faire un procès médiatique, elle voulait changer la société.        
(Annick Cojean)

Les mots étaient ses alliés ; l'insoumission, sa marque de fabrique ; le droit était son instrument.   
(Annick Cojean)

Par la suite, en 1971, elle signe le manifeste des 343 femmes proclamant avoir avorté malgré sa profession d’avocate et le blâme probable qui en résulterait. Puis, aidée de Claude, compagnon de toute une vie qui la soutient dans ce combat, dédicataire d'Une farouche liberté-, Gisèle crée le mouvement "Choisir la cause des femmes", qui va jusqu'à emmener le mouvement en politique. Un moment fort du féminisme.

Celle qui dit avoir été “cueillie de plein fouet” par les luttes d’indépendance a aussi été le grand témoin des droits, de la Tunisie à la guerre d'Algérie, avec l'affaire Djamila Boupacha, l’un des dossiers les plus emblématiques des tortures et exactions commises par l'armée française pendant cette guerre.

Changer la société toute entière, c'était là sa cause. Aux femmes d’aujourd’hui, elle disait "J’attends qu’elles fassent la révolution. Soyez égoïstes ! Devenez prioritaires".

Quand Gisèle Halimi dit « Qu'est-ce que j'attends encore des femmes ? Moi, j'attends la révolution! », elle est culottée de dire ça, mais elle pouvait  le dire car c'est Gisèle Halimi. Mais c'est vrai que c'est une révolution qu'il faudrait faire quand on regarde encore le rapport de force entre les hommes et les femmes dans le monde.            
(Annick Cojean)

Extraits sonores : 

  • Gisèle Halimi (France inter, Comme on nous parle, 9 mars 2011)
  • Michèle Chevalier, mère de Marie-Claire, et Gisèle Halimi à la sortie du Procès de Bobigny (1972) après leur victoire
Chroniques
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Bibliographie

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