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Léonora Miano, au nom de l'Afropea

33 min
À retrouver dans l'émission

Avec Léonora Miano, écrivaine, pour "Afropea : utopie post-occidentale et post-raciste" (Grasset, septembre 2020).

Carte par Satellite
Carte par Satellite Crédits : Klaus Vedfelt - Getty

Comment construire son identité entre deux espaces, entre deux filiations et faire un pas de côté face à l'héritage douloureux, subi de l'esclavagisme et du colonialisme ? C'est à cet horizon que se frotte la romancière et essayiste Leonora Miano dans son essai Afropea : utopie post-occidentale et post-raciste (Grasset, septembre 2020). 

L'Afropéa de Léonora Miano propose à ceux qui s'ancrent dans deux géographies, l'Afrique subsaharienne et l'Europe, de se réinventer, de forger une identité sociale et culturelle choisie et non subie. Ni manifeste ni utopie, son projet est une invitation à prendre la parole pour inventer une représentation de soi. 

Je suis née, j’ai grandi en Afrique contrairement aux Afropéens : ils sont dépositaires de cette expérience Européenne, ils ont toujours vécu en situation de minorité, ce qui n’est pas mon cas car j’ai vécu dans un environnement où la couleur de ma peau n’avait aucune signification, ne pouvait être investie d’aucun sens puisque tout le monde avait la même. On n'a pas les mêmes barrières dans la tête quand on vit en situation de majoritaire, ou minoritaire, lorsqu’on ne se voit nulle part. La sensibilité, la façon d’habiter le monde sont différentes. (Leonora Miano) 

Si elle ne fait pas elle-même l'expérience de ce double ancrage, c'est pour la génération à venir, notamment pour sa fille que Leonora Miano a entrepris de dessiner les contours de l'identité Afropéenne. 

Je ne suis pas une Afropéenne. Je ne suis pas le porte-parole des Afropéens. Mais je me sens concernée par le sujet : j’ai une fille qui est, elle, Afropéenne et son destin me concerne (…). Afropéen c’est une personne européenne par son vécu, sa culture mais qui a des ascendants africains, subsahariens. Cela ne veut pas dire forcément qu'elle entretient une relation profonde avec l’Afrique mais elle reconnait une filiation et décide de mêler les deux pour inventer une nouvelle identité (Leonora Miano) 

Au-delà de la Négritude de Senghor, Césaire et Damas, la fabrique de la langue et son "univers mental" d'Afropea entend s'extraire par le haut des structures qui emprisonnent : faire un pas de côté pour penser autrement le rapport à l'autre. Se soustraire à une lecture racialiste du monde, elle-même entretenue, à son corps défendant, par la Négritude. Sorti des rapports de domination qui caractérisent "l'occidentalité", le langage permettrait d'inventer un nouveau mode d'être au monde, à soi, de donner du sens à l'histoire coloniale, à l'esclavage. De se construire une identité en dépit d'elle et non contre elle. 

Extraits sonores : 

  • Zap Mama "Adventures in Afropea" 
  • Aimé Césaire, RFO 28 oct 1990 

Bibliographie

"Afropea" (Grasset, 2020)

AfropeaLéonora MianoGrasset, 2020

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