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Le maintien des distances dans la municipalité de Carolina (Puerto Rico) le 7 avril 2020 pendant le confinement

Pandémie : Qui sont les gagnants et les perdants de la crise ?

32 min
À retrouver dans l'émission

Face à la pandémie, alors que la dette française s'alourdit et que la sortie de crise ne semble pas être pour demain, qu'est-ce qui se joue derrière la crise sanitaire ? On en parle avec l'économiste Robert Boyer.

Le maintien des distances dans la municipalité de Carolina (Puerto Rico) le 7 avril 2020 pendant le confinement
Le maintien des distances dans la municipalité de Carolina (Puerto Rico) le 7 avril 2020 pendant le confinement Crédits : Ricardo ARDUENGO / AFP - AFP

Robert Boyer est économiste et directeur d'études à l'EHESS. Analyste des évolutions historiques des capitalismes, il est le cofondateur, avec Michel Aglietta de « l’école de la régulation » dans les années 1970. Cette école de théorie économique française est apparue à la fin des Trente Glorieuses et tente d'expliquer le passage de la croissance à la crise sans invoquer de chocs externes.  

Robert Boyer s'intéresse aux formes de capitalisme, aux crises ou encore aux économies asiatiques et latino-américaine. Il publie Les capitalismes face à la pandémie (La Découverte, 2020), un ouvrage remettant en cause l'idée selon laquelle cette crise marquerait la fin du néolibéralisme. 

Dans les livres d'histoire, d'ici une cinquantaine d'années, 2021 sera une date à peu près sur le même niveau que 1929.              
(Robert Boyer)

On aurait en affaire à une crise de l’État, incapable de restaurer une reprise durable de la prospérité économique et de la légitimité politique. Deux tendances complémentaires s'en trouveraient renforcées : le triomphe des industries numériques – et plus précisément, du capitalisme de plateforme - et le retour de l’État comme aiguilleur du capitalisme.

Il s'agirait surtout d'un moment d'incertitude radicale pour lequel, face à au défi inédit du virus – aucun virus n'est semblable aux précédents et il faut à chaque fois développer de nouveaux remèdes -, scientifiques et politiciens n’ont plus de certitudes.

On a redécouvert l'Etat (…) comme un assurer systémique face à des risques qui dépassent la responsabilité individuelle (Robert Boyer). 

Les causes de cette crise ne peuvent ainsi être comparées aux crises précédentes, celle 1929 ou celle de 2008 : c'était alors la récession qui avait provoqué la chute du Produit intérieur brut (PIB). A contrario, ce sont les décisions politiques comme celles qui ont abouti au confinement qui prévalent aujourd'hui.

S'il y avait une répétition de la crise financière, elle viendrait de la difficulté de sortie du déconfinement.              
(Robert Boyer)

L'erreur et la faute seraient d'employer les solutions mises à l'oeuvre en 2008, par exemple, pour répondre à la crise actuelle. Selon l'auteur, nous ne retrouverons la prospérité économique qu'à condition de rétablir la sécurité sanitaire face au virus.

La sortie de crise est largement conditionnée par les leçons qu'on a tirées ou non des crises et des pandémies antérieurs.            
(Robert Boyer)

Il faut réinsérer l'économie dans le flot historique, y compris en matière sanitaire.            
(Robert Boyer)

Extraits sonores:

  • Emmanuel Faber (France Inter, 24 novembre 2020)
  • "Taïwan : L’expérience Covid-19, un modèle ?" (ARTE Reportage, 2020)
  • Clément Beaune au Sénat
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