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Manifestation de juillet 2015

Procès des attentats : écrire l'horreur

32 min
À retrouver dans l'émission

Comment écrire après que l'horreur a fait taire tous les mots ? La littérature peut-elle aider à faire son deuil ? Avec son essai "Notre Solitude", Yannick Haenel raconte son quotidien de chroniqueur au procès des attentats de Charlie Hebdo, dans un récit mêlant poésie et philosophie.

Manifestation de juillet 2015
Manifestation de juillet 2015 Crédits : Patrick CHAPUIS / Contributeur - Getty

Alors qu'il chronique le procès des attentats de janvier 2015 pour Charlie Hebdo, Yannick Haenel est confronté à la violence des images des caméras de surveillance. A la table de son café, le journaliste se découvre incapable d'écrire : la rencontre avec l'horreur a provoqué un syndrome de la page blanche qu'il ne pourra conjurer qu'en creusant la question de la folie humaine, du deuil possible et du salut par la littérature.

Une réflexion qu'il partage avec nous dansNotre Solitude (Les Echappés, octobre 2021).

"Le monde a besoin de saints qui aient du génie comme une ville où il y a la peste a besoin de médecins" écrit Yannick Haenel citant Simone Weil. Quelle est donc cette sainteté qui pourrait sauver le monde ? Pourquoi des saints plutôt que des héros

Je pense qu'il existe une sainteté laïque. Je ne sais pas si on a besoin de Dieu pour être saint ou sainte ; mais en tout cas, je crois qu'il y a une sainteté à l'intérieure de la parole. L'héroïsme, c'est vraiment autre chose, ça se joue dans les gestes, dans les actes. (Yannick Haenel)

Mais cette confrontation aux saints ne va pas sans une confrontation au crime. L'expérience bouleversante de ces chroniques judiciaires a atteint le journaliste profondément : 

Je ne me suis pas protégé du tout ; j'ai senti que plus j'étais fragile - et on était immédiatement fragilisés - plus j'avais des chances de m'approcher de ce que je cherchais à retranscrire, quelque chose d'à la fois émotif et ouvert sur l'humanité. Et donc, c'est une expérience que je ne peux pas rééditer. (Yannick Haenel)

Face à la noirceur humaine, le romancier réaffirme sa foi en la littérature : 

La littérature ne m'a jamais fait honte. Parfois, elle s'arrête, c'est tout. J'ai une telle foi en la littérature que j'y vois  "l'héritière des religions" comme disait Georges Bataille. Je pense qu'elle peut tout, comme l'amour. Mais honte, jamais. Simplement, il y a parfois de l'innommable, voilà. (Yannick Haenel)

Extraits sonores : 

  • Marguerite Duras sur France Culture, novembre 1986
  • Michael Foessel sur France Inter, novembre 2015
  • Un élève de Samuel Paty, Conflans, 2020

Bibliographie

Notre Solitude

Notre solitudeYannick HaenelLes échappés, 2021

Intervenants
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