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"Le Consentement" de Vanessa Springora (Grasset, 2020)

Quand consent-on vraiment ?

32 min
À retrouver dans l'émission

Derrière l’aphorisme “céder n’est pas consentir", la frontière est plus floue qu’il n’y paraît. Car quand consent on vraiment ? C'est la question soulevée par un certain nombre d'affaires rendues publiques depuis #MeToo, et par notre invitée : Clotilde Leguil, psychanalyste et philosophe.

"Le Consentement" de Vanessa Springora (Grasset, 2020)
"Le Consentement" de Vanessa Springora (Grasset, 2020) Crédits : Martin BUREAU / AFP - AFP

Clotilde Leguil est psychanalyste et philosophe, professeure au département de psychanalyse de l’université Paris 8 Saint-Denis et membre de l’École de la cause freudienne. Après des essais comme L’Être et le Genre, homme/femme après Lacan et« Je », une traversée des identités (Puf, 2015 et 2018), elle publie Céder n'est pas consentir. Une approche clinique et politique du consentement (PUF, 03/03/2021). Un essai inscrit dans l'actualité, qui part de prises de paroles permises notamment par le mouvement #MeToo, lequel a apporté les conditions de ce qu'elle nomme un "changement de siècle" : Le Consentement de Vanessa Springova et La familia grande de Camille Kouchner en ont émergé.

Qu'est ce qui fait que, lorsqu'on consent à une certaine aventure, on peut être conduit sur un chemin inattendu qui est celui de s'apercevoir qu'on se force soi même à supporter ou à subir quelque chose venant de l'autre qui finalement nous fait trauma? (Clotilde Leguil)

A partir de ces œuvres, et d'autres encore, de Sigmund Freud à David Lynch en passant par Marguerite Duras, l'auteure explore la frontière entre "céder" et "consentir", une distinction souvent ambiguë qui mène celui qui n'a pas consenti à douter de son propre laisser faire, car quelque chose lui est arrivé, intimement, qu'il ne comprend pas nécessairement. 

La parole et le silence acquièrent de ce fait un statut particulier, entre pétrification et court-circuitage du sujet qui se trouve incapable de dire ce qui lui est arrivé - l'occasion de mettre en doute l'idée que "qui ne dit mot consent". L'art, la littérature en particulier, et la psychanalyse sont alors les médiums du récit. ils permettent au sujet d'exprimer ce qu'il ne peut ou ne sait pas dire.

Il s'agit d'aborder d’un côté la puissance du nous et des effets du mouvement #MeToo dans la société, et, d’un autre côté, d'aborder aussi la puissance du “je” et des effets du récit en première personne sur la façon dont on peut aborder la complexité de la vie amoureuse et sexuelle et la façon dont on peut aborder l’énigme du consentement. (Clotilde Leguil)

Le mouvement #MeToo depuis ce moment collectif me semble être un premier temps logique d'une grande transformation qui ensuite permet ce second temps logique d'une interrogation en première personne, notamment à travers la littérature, sur le consentement. (Clotilde Leguil)

Une analyse du terme de "consentement" dans ses implications sexuelles, amoureuses, mais aussi politiques et sociales.

Extraits sonores:

Intervenants
  • professeure au Département de psychanalyse de Paris 8 Saint Denis, philosophe et psychanalyste de l’Ecole de la Cause freudienne
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