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Libra, la cryptomonnaie de Facebook

Quelle confiance pour la finance ?

33 min
À retrouver dans l'émission

La révolution numérique entérine-t-elle la défaite de la finance? Les géants du web remplaceront-ils demain les acteurs traditionnels des marchés? On en parle avec André Lévy-Lang, ancien président de Paribas, et Aurélie Marcireau, rédactrice en chef adjointe du Nouveau Magazine littéraire.

Libra, la cryptomonnaie de Facebook
Libra, la cryptomonnaie de Facebook Crédits : Chesnot / Contributeur - Getty

Le 15 septembre 2008, la banque Lehman Brothers est déclarée en faillite. Cet événement fondateur marque le début d’une crise dont les effets se font encore ressentir aujourd’hui. Une crise qui, au-delà des Bourses et du quotidien de ceux qu’elle touche, ébranle durablement la confiance dans les entreprises financières, les banques et les assurances. Si des normes décidées en 2009 dans le cadre d’un "Plus jamais ça !" du G20 rétablissent la confiance dans la finance, la preuve est faite que celle-ci ne va pas de soi et qu’elle dépend avant tout des réglementations. 

L’année 2007-2008 est aussi déterminante par un autre aspect : elle correspond au lancement de l’Iphone, suivi en 2010 par le développement de l’Internet haut débit. L’accélération de la révolution numérique est enclenchée. Une accélération et un changement d’échelle qui ne datent pas d’hier, mais qui assurent ici l’introduction dans le monde de la finance de ce que André Levy-Lang, notre invité, nomme les "réseaux sociaux" : à savoir, le système qui regroupe les smartphones, l’internet haut débit et toutes les entreprises développées sur leur utilisation, des GAFAM aux BATX, ces géants chinois que sont Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi.

La monnaie est un bien public. L’existence de la monnaie est un élément fondamental de l’existence d’une société. Or un bien public, ça se protège, et les projets de monnaies virtuels comme Libra ne sont qu’au service d’entreprises privées qui souhaitent accéder à nos données personnelles.            
(André Levy-Lang)

Ancien président de Paribas, fondateur et président de l’Institut Louis-Bachelier, enseignant à l’université Paris-Dauphine, banquier et industriel, André Lévy-Lang montre que, alors que les géants d’Internet fondent leur modèle économique sur l’utilisation de données fournies par les internautes, l’utilisation d’internet reste un acte de confiance : l’internaute doit accepter les conditions générales d’une offre pour y avoir accès, ce qu’il fait souvent sans même lire ces conditions. 

Les banquiers ont une responsabilité parce qu’ils sont dépositaires de la confiance de leurs clients, comme dans d’autres professions. Ceci étant, trahir cette confiance est plus grave pour un financier que dans un autre domaine, puisque cela peut avoir de graves conséquences.            
(André Levy-Lang)

Dans La Révolution de la finance : acte II (Odile Jacob, octobre 2019), il théorise un "choc des confiances" où s’opposent deux rapports : celui à la finance, dont la confiance est à la mesure de la réglementation qui l’encadre, et celui des réseaux, qui n’a pas besoin de réglementation pour gagner la confiance des internautes.     

En pleine révolution numérique, les institutions financières classiques, si elles ne veulent pas se laisser dévorer par les néobanques, fintechs et autres start-ups, lesquelles ont su mieux capter l’intérêt des millenials, cette génération née avec les smartphones et qui constitue une clientèle décisive, devraient, écrit-il, se mettre au diapason en adoptant les innovations technologiques sans pour autant renoncer aux réglementations ou aux relations directes avec le client.

Une émission en co-interview avec Aurélie Marcireau, rédactrice en chef adjointe du Nouveau Magazine littéraire.

Extraits sonores : 

  • Bruno Lemaire sur le Libra (Europe 1,18/0/2019).
  • Bilan de Mario Draghi à la BCE par Étienne Lefebvre (France Info, 23/10/2019).
  • François Morin et la morale des algorithmes.
Intervenants
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