LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
emmanuel Macron et le président libanais Michel Aoun au palais présidentiel de Baabda, Beyrouth (Liban) le 1er septembre 2020

Quelle diplomatie française au Liban et en Syrie ?

33 min
À retrouver dans l'émission

Comment la crise épidémique mondiale éclaire-t-elle la scène internationale actuelle ? Quels enjeux géopolitiques et quel rôle de la diplomatie française ? On en parle avec Michel Duclos, diplomate et ambassadeur en Syrie de 2006 à 2009.

emmanuel Macron et le président libanais Michel Aoun au palais présidentiel de Baabda, Beyrouth (Liban) le 1er septembre 2020
emmanuel Macron et le président libanais Michel Aoun au palais présidentiel de Baabda, Beyrouth (Liban) le 1er septembre 2020 Crédits : Crédit GONZALO FUENTES / POOL / AFP - AFP

Du Liban à l'Irak, quelle forme la diplomatie française prend-elle au Proche-Orient ? Ressort-elle affaiblie ou, au contraire, renforcée par la pandémie de coronavirus ? Ses interventions vont-elles dans le sens de l'apaisement ou, comme le lui reprochent ses détracteurs, de l'ingérence ?

Lors de la signature d'un accord historique entre Israël, les Emirats Arabes Unis et Bahreïn, à l'occasion d’une cérémonie à la Maison Blanche, le président Donald Trump se félicitait que cet événement facilite la fin du conflit « israëlo-arabe ». Ces accords historiques n'ont pourtant pas mis fin à l'annexion de la Cisjordanie. Tout juste est-elle reportée, comme a tenu à le préciser Benyamin Nétanyahou. 

Il ne faut pas abuser du mot « résilience » : tous les peuples sont résilients (..) mais ma terreur, c'est est-ce que les forces vives vont rester au Liban ? En Syrie, le pays se vide progressivement des forces vives que le régime n'a pas tuées. (…) Le Liban n'en est pas là, il a gardé des libertés publiques, la parole est libre, il y a certainement une forme de démocratie qui reste vivante. Mais aujourd'hui, 55% des gens vivent au-dessous du seuil de pauvreté et probablement 25% ou 22% au-dessous du seuil d'extrême pauvreté. (…) Il y a un désespoir dans la société civile, dans la rue, qui pour l'instant encore s'accroche à la possibilité d'un changement, mais, très vite, beaucoup de gens quittent le pays.        
(Michel Duclos)

Et cela alors que l'ONU publie un rapport dénonçant de manière inédite et rigoureuse des exactions dans les régions kurdes occupées par les Turcs en Syrie. Il pointe du doigt l’Armée nationale syrienne (ANS), aux ordres de la Turquie, et donc la franche responsabilité d'Ankara. Une accusation qui s'ajoute au conflit opposant la Turquie à la Grèce pour l'obtention des ressources énergétiques en Méditerranée orientale. Autant de tensions dues en partie aux ingérences extérieures et mettant en cause la responsabilité de la communauté internationale. La France a ainsi pris parti pour la Grèce.

C'est le sursaut européen qui peut être notre chance de sortir de cette crise sanitaire (…) si la France veut continuer à jouer son rôle, on est obligés de prendre le monde tel qu'il est et d'affronter les nouveaux défis où ils se trouvent ; et ils se trouvent dans une grande mesure en Asie pacifique.        
(Michel Duclos)

Pour Michel Duclos, notre invité, la pandémie de coronavirus a servi de « clarificateur » quand aux forces et aux faiblesses de la diplomatie française à l'étranger. Diplomate, directeur-adjoint du Centre d’Analyse et de Prévision du Ministère des Affaires étrangères de 1984 à 1987, Ambassadeur au COPS à Bruxelles de 2000 à 2002, représentant permanent-adjoint de la France auprès des Nations Unies de 2002 à 2006, Ambassadeur en Syrie de 2006 à 2009, il est conseiller diplomatique du Ministre de l'Intérieur de 2009 à 2012, puis Ambassadeur en Suisse de 2012 à 2014. Il revient aujourd'hui sur la crise provoquée par le coronavirus.  

On est dans un monde sans règles avec des structures internationales très faibles.          
(Michel Duclos)

L'auteur de La longue Nuit syrienne (l'Observatoire, 2019) vient de publier un rapport pour l'Institut Montaigne : « Un virus clarificateur – l’impact du Covid-19 sur la politique étrangère de la France ». Il y souligne la nécessité pour la France de superposer deux grilles de lecture : celle, qui la caractérise, de type « géopolitique » qui accorde une place prééminente aux crises (Levant, Sahel, ...) et aux menaces comme le terrorisme et celle de type « géoéconomique », davantage orientée vers l’Asie-Pacifique.  En outre, tout en maintenant l'unité européenne, la France devrait composer avec ces deux géants que sont les Etats-Unis, élections approchant, et la Chine, une force de plus en plus présente au Proche-Orient.

Pour nous Européens, Joe Biden, c'est le retour dans l'Accord de Paris sur le changement climatique, c'est le retour dans l'accord sur le nucléaire avec l'Iran, c'est le retour dans l'Organisation Mondiale de la Santé, c'est un intérêt renouvelé à l'égard de l'OTAN et de l'Union européenne, et, plus généralement, un ré-engagement possible des Etats-Unis dans les institutions internationales. Ce serait une différence majeure avec l'époque de Trump.              
(Michel Duclos)

Et pour aller plus loin, près de deux mois après la tragédie qui a frappé Beyrouth, l’Institut du monde arabe et France Culture s’associent pour une programmation exceptionnelle dédiée au Liban. Dès le 25 septembre à 18h et jusqu’à la fin de la  journée du 27 septembre, émissions, magazines, débats, interviews et  documentaires rythmés par les musiciens et chanteurs libanais seront dédiés à la situation du pays.

Extraits sonores : 

  • Reportage sur le Covid à Idlib (Céline Martelet et Edith Bouvier, 21.08.2020)
  • Mike Pompeo (France inter, matinale, 15.09.2020)

Bibliographie

Intervenants
  • ancien ambassadeur de France en Syrie, conseiller spécial à l’Institut Montaigne
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......