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Des troupes déployées à Paris dans le cadre de l’opération Sentinelle (25 juin 2017)

Qui sont nos soldats ?

33 min
À retrouver dans l'émission

Des campagnes de publicité qui les ont attirées à la réalité du terrain, de la hiérarchie et de la vie militaire, les journalistes Justine Brabant et Leïla Miñano nous parlent des difficultés actuelles des jeunes recrues dans "Mauvaise troupe" (Les Arènes, septembre 2019).

Des troupes déployées à Paris dans le cadre de l’opération Sentinelle (25 juin 2017)
Des troupes déployées à Paris dans le cadre de l’opération Sentinelle (25 juin 2017) Crédits : LUDOVIC MARIN / AFP - AFP

Le 13 novembre 2015, à la suite des attentats du Bataclan, François Hollande déclare que la France est en guerre. L'opération sentinelle est lancée. 10 000 militaires sont déployés quotidiennement sur le territoire français. L'armée lance une offensive massive de recrutement en ciblant une jeune population. Qui sont ces nouveaux militaires ?Mauvaise Troupe, l'enquête des journalistes Leïla Miñano et Justine Brabant, s'efforce de faire parler la Grande Muette.

On a l'impression que dès qu'on mène une enquête indépendante sur l'armée, elle est à charge parce que l'on révèle des choses que l'on a pas l'habitude d'entendre.                    
(Justine Brabant)

Au-delà des violences sexuelles en Centrafrique, déjà médiatisées par l'enquête Impunité Zéro, les deux auteures évoquent, preuves à l'appui, toutes sortes d'exactions et de bavures commises par cette jeune génération dont l'usage quotidien des réseaux sociaux tend parfois à compromettre le secret défense. 

En plus de proposer de l'aventure, du rêve comme on le voit sur les publicités, on propose un job dont les jeunes ont souvent besoin. Quand on arrive sur place, le décalage est souvent brutal. Ce n'est pas l'aventure qu'ils avaient prévue.                    
(Leïla Miñano)

Enquêter sur l'armée, c'est aussi faire face à des intimidations. Le caractère viril de l'atmosphère militaire entraîne des débordements ainsi que des difficultés à admettre la souffrance si bien que, chaque année, l'armée française compte 2000 déserteurs.

Ce qu'on veut montrer, c'est ce qu'il y a de nouveau en 2019. Les militaires sont très présents dans nos rues mais, dans les familles françaises, on n'a peut-être jamais aussi mal connu l'institution militaire.                    
(Justine Brabant)

L'institution militaire se refuse à prendre en charge la formation mais aussi le rétablissement de ces engagés qui sont souvent traumatisés par une guerre à laquelle ils n'étaient pas préparés.

Quand ils reviennent de territoires de guerre, on les jette comme des kleenex. Il y a une responsabilité de l'institution qui ne veut pas prendre en charge ces jeunes qu'elle a été chercher. Il y a des effets à long terme, un sentiment de frustration, des syndromes post-traumatiques qui ne sont absolument pas pris en charge. Y a eu beaucoup de rêves brisés mais aussi beaucoup d’autres qui sont repartis parce qu’ils sont jeunes et qu’ils sont au début de leur vie.             
(Leïla Miñano)

Raymond  Depardon était présent avec Justine Brabant et Leïla Miñano pour évoquer une double exposition, Raymond Depardon photographe militaire,  au Musée national de la Marine de Toulon (du 17 mai au 31 décembre 2019) et au Musée du Service de santé des armées à Paris, à l'Ecole du Val-de-Grâce (du 1er octobre 2019 au 30 janvier 2020).

Extraits sonores:

  • Extrait d'un clip publicitaire de l'armée de Terre (2016)
  • Reportage de Cnews du 4 mai 2015 sur les violences sexuelles en Centrafrique.
  • MC Busty - « Armée de merde » morceau de rap « par deux militaires qui chantent la vie à la caserne ».

Bibliographie

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