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Code et marteau

Richard Malka ou le conflit permanent

33 min
À retrouver dans l'émission

Spécialisé dans le droit de la presse et la liberté d’expression, avocat de la jeune Mila et de Benjamin Griveaux, mais aussi de Charlie Hebdo, Richard Malka défendra à nouveau l'hebdomadaire satirique lors du procès des complices présumés des auteurs de l'attentat de 2015 qui s'ouvrira le 4 mai.

Code et marteau
Code et marteau Crédits : RUNSTUDIO - Getty

"2020 : la société face aux conflits" : C’est le thème du premier des grands Forums France Culture de l'année 2020 enregistrés en public depuis le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne et rediffusé aujourd’hui, en coproduction avec Sorbonne Université, avec le soutien de la Chancellerie des universités de Paris, samedi 29 février 2020. 

Notre invité à cette occasion était Richard Malka, avocat au barreau de Paris spécialisé dans le droit de la presse et la liberté d’expression.

Depuis sa création en 2012, il figure de manière ininterrompue au classement GQ des "avocats les plus puissants de France". En 2019, il occupait la 21e place avec comme qualificatif : "le libertaire éclectique". Il publie en 2019 Eloge de l’irrévérence (Grasset) avec Georges Kiejman, qui reprend la plaidoirie des deux avocats dans la défense de Charlie Hebdo dans l’affaire des caricatures de 2007. 

On ne défend pas le crime, on ne défend pas l'assassinat. On ne défend pas le viol. On ne défend pas les infractions, on défend la personne. Donc on essaie de faire comprendre un parcours, un cheminement, des failles, des douleurs et de faire en sorte que sa peine soit la plus faible possible. Moi, je suis dans un cas un peu particulier où je défends davantage des causes que des personnes. Richard Malka

Le métier d’avocat est selon lui l’un des derniers à permettre une immunité de parole. Un métier de combat, qui implique de  transgresser la morale en défendant des criminels, des violeurs, des pédophiles, et qui confronte l’avocat au jugement des autres. En outre, le conflit médiatique précède le conflit judiciaire, ce qui se dit à l’extérieur influence l’intérieur. 

Après avoir fait l'éloge de l'irrévérence, je ferais bien l'éloge du conflit, c'est mon métier. [...] Un avocat, c'est quelqu'un qui est d'abord en conflit avec son client - il faut le convaincre de la bonne stratégie -, avec l'avocat adverse, avec le procureur, qui regarde toutes les failles. Il est en conflit quand il rentre chez lui, s'il est avocat, par exemple, d'un violeur, d'un pédophile. Il doit expliquer à ses amis pourquoi il fait ça.      Richard Malka

Enfin, le tribunal est selon lui un lieu qui légifère et institutionnalise la résolution du conflit. Il représente un lieu de conflit pacifique, où la violence n’est que verbale et prend corps dans un cadre légal. 

On n'est pas dans l'air du temps. On doit, quand on est avocat, apprendre à ne pas être aimé.            Richard Malka

Pour aller plus loin, la tribune du magistrat Denis Salas : "#MeToo : Le procès pénal n’est pas construit pour être un lieu d’écoute de la seule victime", qui pose la question suivante: "Une fois la justice disqualifiée au motif qu’elle ne condamne que rarement les agresseurs, que reste-t-il comme options aux victimes ?"

Intervenants
  • Avocat au barreau de Paris et scénariste de bande dessinée.

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