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A Dakouch (Syrie), le 22 avril 2013

Syrie, de la révolution à la guerre, de crise en crise...

35 min
À retrouver dans l'émission

Consigner la mémoire du conflit syrien face à l’amnésie collective et donner la parole aux femmes, seule capable d’approcher la vérité dans une société patriarcale. C’est l'entreprise de notre invitée : Samar Yazbek, romancière, poète et journaliste syrienne, exilée en France.

A Dakouch (Syrie), le 22 avril 2013
A Dakouch (Syrie), le 22 avril 2013 Crédits : Foto24 / Contributeur - Getty

Près de dix ans après les premiers soulèvements, la guerre continue en Syrie, avec, en ce moment, une crise d'une ampleur inédite dans et autour d'Idlib, dernier bastion rebelle du territoire, sous les feux russe, syrien et turque.

Elle consigne la mémoire d'un conflit qui, de la révolution à la guerre, avance de crise en crise. En mars 2011, aux débuts de la contestation syrienne, Samar Yazbek est interrogée à plusieurs reprises par les moukhabarats, les agents des services secrets en Syrie, qui la forcent à regarder des manifestants torturés pour la convaincre de se désolidariser des opposants. Elle en fait le récit dans Voyage au bout de l'enfer, qui sera publié sur les blogs syriens et dans des journaux européens. Partie en exil avec sa fille, elle revient clandestinement en Syrie en 2012 et 2013, témoin là-bas d’une militarisation et d’une radicalisation croissantes.

La communauté internationale a participé à cet holocauste, car elle assiste à ce qui se passe et n'a aucune réaction. s'ils prétendent lutter contre les terroristes, alors pourquoi ne luttent-ils pas contre le terrorisme de l'Etat syrien?    
(Samar Yazbek)

En septembre 2019, Samar Yazbek publiait Dix-neuf femmes, les Syriennes racontent chez Stock. Dix-neuf récits à la première personne, et la volonté exprimée par l’auteure de s’effacer derrière ces témoignages. Des paroles de femmes majoritairement recueillies dans les pays d’exil (France, Allemagne, Liban…), qui racontent la torture et les violences subies dans une société qui ne les considère pas plus que comme des marchandises, mais aussi leur courage et leur volonté d'agir : elles sont professeures critiques, religieuses éclairées, infirmières courageuses, ni victimes ni héroïnes, mais résistantes piégées par une révolution dans laquelle elles sont entrées en croyant aller vers une amélioration de leur condition et de celle de leur pays, pour se retrouver finalement dans un système archaïque. 

Les femmes ont payé le plus grand prix dans l'histoire de cette révolution et joué un rôle très important dans l'enfer qui a suivi.    
(Samar Yazbek)

Nous ne sommes pas des victimes, nous sommes des résistantes.    
(Samar Yazbek)

En outre, ce recueil fait partie d’un vaste projet sur la mémoire syrienne entamé avec Feux croisés (Buchet Chastel, 2012) et Les Portes du néant (Stock, 2015), écrit quand elle pouvait encore se rendre en Syrie. A noter que Samar Yazbek sera présente au Festival « Arabofolies » à l’institut du monde Arabe (du 28 février au 8 mars 2020).

Le mouvement #Metoo n'a pas eu de répercussion dans le monde arabe.    
(Samar Yazbek)

Extraits sonores : 

  • Raphael Pitti, médecin humanitaire  (L’invité des matins France Culture, 27/02/2020)
  • Bande annonce du film Pour Sama (Waad al-Kateab, 2019)
  • Manon Loizeau (France tv, décembre 2017)

Bibliographie

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