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Les regards des djihadistes capturés en disent long sur leur état d’esprit, la fin de Baghouz est loin d’être la fin du problème

Patrick Chauvel / Cécile Hennion : Syrie, le conflit sans fin?

34 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion du Prix Bayeux-Calvados, rendez-vous avec Patrick Chauvel, doublement récompensé pour son reportage sur la fin de Baghouz en Syrie, et Cécile Hennion, dont le livre "Le fil de nos vies brisées" sert de fil rouge à l'exposition "Alep-Machine".

Les regards des djihadistes capturés en disent long sur leur état d’esprit, la fin de Baghouz est loin d’être la fin du problème
Les regards des djihadistes capturés en disent long sur leur état d’esprit, la fin de Baghouz est loin d’être la fin du problème Crédits : © Patrick CHAUVEL pour Paris Match

Reprendre le fil de ces "vies brisées"... Depuis sa capitulation en décembre 2016 au terme d’un siège long de plusieurs mois, Alep, cité du nord de la Syrie et l’une des plus vieilles villes du monde, a disparu de l’actualité. C’est sans compter sur le travail des journalistes et témoins qui, bien décidés à en faire vivre le souvenir, continuent de nous parler de cette ville.

Cécile Hennion, notre invitée aujourd’hui, est de ceux-là. Journaliste au Monde depuis 2004, elle a couvert les principaux conflits du Proche-Orient pendant vingt ans. Avant même que le regard de l’opinion ne soit de nouveau fixé sur cette partie du monde suite à l’invasion par l’armée turque mercredi 9 octobre et à leur abandon par les Etats-Unis des forces kurdes du nord de la Syrie, elle s’est attelée à cette tâche essentielle qui consiste à "ressusciter" Alep en redonnant une voix à ses habitants. 

Ce qui se passe actuellement, on aurait pu le prévoir depuis le début : c'est la même histoire de manipulation des minorités par tous les côtés. On est dans un drame humain permanent depuis huit ans.     
(Cécile Hennion)

Dans Le fil de nos vies brisées (Anne Carrière, 2019), elle recueille la parole d’habitants d’Alep exilés en Turquie ou en Europe, des hommes et des femmes ayant vécu des moments de grâce autant que de peur et de révolte dans une cité qu’ils n’ont pour la plupart jamais cessé d’aimer. Signalant que nous n’entendons plus parler d’Alep depuis sa capitulation en 2016, Cécile Hennion entend nous rappeler que le destin de cette ville millénaire qui nous ramène à nos racines, est un enjeu pour toute l’humanité. 

Son livre sert de fil conducteur à l’exposition, "Alep-Machine", organisée dans le cadre du Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre (du 8 octobre au 3 novembre 2019), la première dans son genre. En outre, Cécile Hennion interviendra lors de cet événement dans le cadre d’un échange autour de la projection de Pour Sama, documentaire de la réalisatrice syrienne Waad Al-Kateab (en salle le 9 octobre) que Cécile Hennion avait rencontrée et interviewée avec son mari Hamza Kathib en 2017. 

Il faut des témoignages des crimes mais aussi des témoignages de vies. Témoigner de cette vie, de cette résistance à continuer à espérer et à vivre alors que les bombes pleuvent. Il n'y a pas plus bel acte de résistance que de rester vivant. Il faut raconter comment on vit en guerre et non pas seulement comment on meurt.     
(Cécile Hennion)

Avec nous également, Patrick Chauvel, doublement récompensé dans la cadre du Prix Bayeux-Calvados-Normandie par le Prix photo et le Prix du public pour son travail pour Paris Match sur la Syrie et la fin de Baghouz. Lui qui a photographié la plupart des conflts de ce dernier demi siècle, du Vietnam (1968) au Liban (1978) en passant par les révolutions libyennes et égyptiennes en 2011 et la Syrie en 2019, souvent au prix de nombreuses blessures, il s'intéresse aussi grandement à la réflexion sur le travail de photojournaliste et à la mémoire des conflits. 

Ce qui me dégoûte, c'est cette lâcheté continuelle des Etats qui se servent des minorités puis les jettent quand elles ne leur sont plus d'aucune utilité. Ça a été la même chose en Algérie, au Vietnam et maintenant en Syrie. Et je pense que les soldats français qui sont encore sur place et qui faisaient ce qu'ils pouvaient pour aider les Kurdes doivent être dans un véritable état de rage.    
(Patrick Chauvel)

Actuellement exposé dans la Nef de Radio France à l'occasion de la 2ème édition de Médias en Seine ("Patrick Chauvel, 50 ans sur le front", une exposition présentée par franceinfo et Les Echos du 1er au 25 octobre 2019), il ouvrira en 2020 le fonds Chauvel au Mémorial de Caen, un ensemble d'archives créé en 2014 et qui rassemble l'ensemble de son travail photographique.

Il faut qu'on puisse témoigner : si il n'y a pas de témoins, il n'y a pas de crimes.    
(Patrick Chauvel)

Extraits sonores : 

  • Bande-annonce de Pour Sama (Waad Al-Kateab, 2019)
Intervenants
  • journaliste au Monde, correspondante de guerre pendant 15 ans
  • reporter-photographe de guerre, écrivain et réalisateur de documentaires
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