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Le lycée français de New-York

Bambi Sloane : « L’uniforme était pour moi un drame absolu » (Rediffusion)

5 min
À retrouver dans l'émission

Dans quelle mesure une éducation schizophrénique peut-elle engendrer un destin créatif ? Souvenirs new-yorkais à la fois fantasques et disciplinés avec la designer et architecte d'intérieur Bambi Sloane.

Le lycée français de New-York
Le lycée français de New-York Crédits : Tom Emmert - AFP

L’enfance se déroule à New-York, entre un père américain, publicitaire branché, et une mère issue d’une famille austère allemande : 

J’ai eu une éducation complètement schizophrénique. Mon père était un homme très excentrique, artiste. Il travaillait dans la pub et tous ses copains étaient photographes, illustrateurs, etc. Et ma petite maman était totalement, très française, mais qui avait été très jeune orpheline, et avait été élevée en Allemagne, pendant la guerre, dans un climat très austère.

Le décor, lui, conjugue le classicisme du lycée français de New York au baroque du domicile : 

Je me souviens, en rentrant de l’école, arriver chez moi et trouver mes parents dans la salle à manger en train de jeter des paillettes sur de la peinture mouillée, pour faire une salle à manger pailletée… C'est-à-dire que ma maison était, pour toutes mes copines, un vrai refuge ! On avait un jukebox dans le salon... et mes fêtes étaient réputées pour être les plus grosses !

Difficile alors, pour la jeune fille, de se conformer à la discipline scolaire : 

Au lycée, on devait porter un uniforme : blazer bleu marine, jupe plissée grise, soquettes bleues marine… Cela a été, pour moi, un drame absolu. Et je cherchais par tous les moyens de faire exactement ce qu’il ne fallait pas faire, de me différencier. Donc durant la mode des minijupes, je coupais ma jupe plissée au raz des fesses, ce qui m’a valu bien évidemment de rentrer immédiatement à la maison avec deux heures de retenue… J’ai tout fait pour essayer de détourner cet uniforme, et mon premier réflexe en rentrant de l’école, était de me déshabiller et d’enlever... cet uniforme de malheur !

Une fois encore, le balancement entre rigueur et fantaisie s’exprime, à travers une autre discipline. La seule qui trouve grâce à ses yeux, et qui se situe ailleurs, au sein de la New-York City School of Ballet :

Etonnement, c’était une discipline terrible qui ne me faisait pas peur. Parce qu’elle nous offrait la possibilité d’une grande fantaisie et de pouvoir danser. Et danser… c’était toute ma vie. Et ça, c’était aussi bien mon rêve de tutu que d’aller en boîte de nuit ! Mon seul rêve était de devenir ballerine. Mais il se trouve que j’ai eu accident... J’ai donc dû trouver autre chose.

Un accident qui remet en scène le rôle du père, créatif et visionnaire. Une vision qui raconte que la vocation répond à un éblouissement, dont la douleur n'est pas absente : 

Travailler dans la mode ou le design, à l'origine, je ne l’imaginais pas du tout. C’est mon père qui l’imaginait, c’est mon père qui me l’avait dit ! Moi, je lui répondais: « Mais franchement papa, tu dis n’importe quoi ! ». Cela s’est donc passé de façon accidentelle. Et finalement, c’est mon père qui avait raison.  

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