LE DIRECT
Jacques Ferrandez

Jacques Ferrandez : "Mon père avait une veine de ligne claire"

5 min
À retrouver dans l'émission

De l’arrière-pays niçois aux rives de l’Algérie, retour sur de profondes empreintes politiques et familiales avec l’illustrateur Jacques Ferrandez, auteur du Chant du monde (Gallimard Jeunesse), d’après l’œuvre de Jean Giono, à l'occasion du cinquantenaire de la mort de l'écrivain.

Jacques Ferrandez
Jacques Ferrandez Crédits : Pierre Marcellesi - Getty

Dans quelle mesure les paysages peuvent-ils influencer le parcours d’un enfant ? Il est né en Algérie un an après la Toussaint Rouge, dans le quartier de Belcourt, et n’a que quelques mois lorsque son père, médecin, pressent la violence à venir : 

Ce qu’il y a de sûr, c’est que dans ma famille, il n’y avait pas cette nostalgie qu’on peut trouver dans certaines familles de pieds-noirs qui ont été chassées de ce pays. Chez nous, il y avait cette idée qu’on avait décidé nous-mêmes de tourner une page, pour écrire une nouvelle page à Nice, sur la rive nord de la méditerranée.           

Une enfance solaire, rythmée par les baignades et les excursions dans les montagnes. L’enfant, très tôt, se passionne pour le dessin, stimulé par la passion première de son père : 

Mon père avait fait des études de médecine, mais il dessinait très bien, avec une ligne claire, à la Hergé, très exacte et très pure… 

Cette « ligne claire » se manifeste alors à travers L’Arrière-Pays (éd. Catsremann), qui à l’instar d’une BD reportage raconte la vie des paysans et le retour à la terre sur les terres de Giono : 

J’ai eu une grande période Giono à l’âge de 16 ou 18 ans. Et puis ces paysages, je les connaissais bien… C’est plus tard, après mes deux premiers albums sur la vie rurale dans l’arrière-pays, que j’ai découvert sur l’imagerie qui a été développée part l’Ecole Orientaliste. J’ai eu envie de revenir sur l’histoire de l’Algérie, comprendre cette histoire, cette histoire coloniale, puiser dans cette puissance narrative… et comprendre peut-être, aussi, d’où je viens…

A l'occasion du cinquantenaire de la disparition de Jean Giono, Jacques Ferrandez revisite Le Chant du Monde (éd. Gallimard) et poursuit, avec Yves Camdeborde, son "carnet de croqueurs" avec la parution du 2nd volume de Frères de terroirs (éd. Rue de Sèvres).

Intervenants
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......