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Julie Wolkenstein

Julie Wolkenstein : "Cette maison de vacances qui agissait comme un envoûtement"

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À retrouver dans l'émission

Quelles empreintes garder de nos maisons de vacances ? Souvent, un sentiment de liberté intense et des courants d’inspiration, dont la mort n’est pas absente, comme en témoigne Julie Wolkenstein, auteur d’Et toujours en été (POL)

Julie Wolkenstein
Julie Wolkenstein Crédits : Frederic Reglain - Getty

Il arrive que les maisons deviennent un membre à part entière de la famille. Julie Wolkenstein pénètre dans la sienne à l’âge de 4 ans et y ressent son emprise immédiatement :

C’est une maison normande un peu prétentieuse, victorienne, surplombant la mer à la manière d’un observatoire, comme si on était dans un bateau sans être en mer. Elle a énormément de charme mais est toujours dans son jus, avec l’humidité qui la ronge et beaucoup de sable… Je l’ai découverte à l’âge de 4 ans. Pour certains, c’est un lieu un peu effrayant, comme le manoir hanté de Psychose, mais lorsque j’y suis entrée pour la 1ère fois, je me souviens de la montée de l’escalier dans les bras de ma mère, et on voyait les papiers peints posés couche après couche depuis 100 ans. Il y a peut-être des enfants que cela aurait effrayé, mais moi cela m’a envoûtée.

Avec les années, les éléments décoratifs y agissent comme des symptômes de l’histoire familiale. Les générations s’y suivent, les fêtes, ainsi que les disparitions :

C’est le grand privilège de ces maisons de famille, avec ses continuités et ses morts, et avec des images, des silhouettes qui ressuscitent. La mort de mon frère m’a beaucoup renvoyée à celle de mon père… C’est le lieu où ils me sont le plus présents, puisque nous y avons passé nos vacances ensemble. J’ai eu envie de profiter de ce livre pour que cette maison, à nouveau, se remplisse.

A travers l’écriture, la maison se remplit, tout en gardant le sentiment de finitude qui, de façon physique, la caractérise :

Je m’aperçois que ce n’est pas la peine de me mentir et que c’est là que mes sentiments sont les plus intenses. C’est comme si toutes mes sensations s’étaient construites là bas, même si le terme d’enracinement est bizarre, car ce n’est pas un lieu sûr. Elle est ambiguë car elle est précaire, mais c’est comme s’attacher à des êtres, en prenant en compte la certitude de leur disparition et de leur fragilité.

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