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Le cannibalisme était-il pratiqué pour des raisons alimentaires ou bien culturelles ?

Cannibalisme : préhistoire d'un tabou

58 min
À retrouver dans l'émission

Sait-on à quand remontent les premières manifestations du cannibalisme chez l’Homme ? Quelles différences entre cannibalisme et anthropophagie ? Dans quel contexte cette pratique est-elle apparue dans la préhistoire ? De quelles groupes ou sociétés d’hommes parle-t-on ?

Le cannibalisme était-il pratiqué pour des raisons alimentaires ou bien culturelles ?
Le cannibalisme était-il pratiqué pour des raisons alimentaires ou bien culturelles ? Crédits : MAURICIO ANTON/ SCIENCE PHOTO LIBRARY - Getty

S’il n’y a pas de doute que les preuves fossiles s’accumulent, la paléoanthropologie continue de se déchirer autour d’un sujet particulièrement sensible dans l’évolution du genre homo : le cannibalisme. S’il est indiscutable que des faisceaux de preuves conduisent à penser à des pratiques cannibales, et ce, chez plusieurs espèces et jusqu’à Homo Sapiens, les raisons de ces pratiques restent sujet de controverses. S’agit-il d’un cannibalisme nutritionnel : manger de la viande pour se nourrir ? S’agit-il de pratiques rituelles, de cérémonies ? Voire d’un élément dans la compréhension de l’extinction de certaines espèces ? Le débat reste particulièrement vif.

Cannibalisme : préhistoire d’un tabou : c’est le programme carnivore qui est le nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

Et pour comprendre les raisons de ce débat, et la complexité d’interprétation du registre fossile et des traces paléo-archéologiques des différents sites où l’on suspecte des pratiques cannibales, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Bruno Maureille, directeur de recherche CNRS et docteur en anthropologie biologique à l’Université de Bordeaux 1 et Georges Guille-Escuret, directeur de recherche CNRS et chercheur au centre Norbert Elias à Marseille.

Le reportage du jour

Rencontre avec Amélie Vialet maître de conférence en paléoanthropologie au Muséum national d’histoire naturelle. Que sait-on des pratiques cannibales dans la grotte de la Caune de l’Arago à Tautavel il y a 450.000 ans environ ? Par Antoine Beauchamp :

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6 min
LA_METHODE_SCIENTIFIQUE - Reportage Antoine Beauchamp/ Amélie Vialet cannibalisme Tautavel

Les repères

  • Le cannibalisme et l’anthropophagie sont deux pratiques distinctes. L'anthropophagie est une pratique qui consiste à consommer de la chair humaine, c’est une forme de cannibalisme appliqué à l’espèce humaine. Le cannibalisme se distingue également parce qu’il est intentionnel, admis et pratiqué au sein d’une communauté, contrairement à l’anthropophagie qui peut être accidentelle et non intentionnelle. 
  • Le cannibalisme a longtemps été nié, rejeté, car considéré comme une pratique barbare. Pourtant, les archéologues, paléo-anthropologues depuis plusieurs décennies ont apporté des preuves multiples de cannibalisme chez Homo Sapiens, Homo Néandertalensis, Homo Antecessor, Homo Erectus sur divers gisements à travers le monde.
  • Les plus anciennes formes de cannibalisme dont on a trouvé les traces remontent au Paléolithique. Les experts restent prudent dans l’analyse des fossiles, des ossements et tentent de se défaire du fantasment qui a animé la communauté depuis des siècle. Par ailleurs, le cannibalisme n’est pas considéré pour de nombreux spécialistes comme un problème pouvant s’analyser scientifiquement. 
  • Les sites les plus emblématiques où des manifestations de cannibalismes avérés sont notamment  la Caune de l'Arago découvert en 1971, par Henry de Lumley, sur la commune de Tautavel (Homo Erectus, paléolithique ancien), le gisement de  Gran Dolina en Espagne découvert en 1994 par José Maria Bermudez de Castro et ses collègues (paléolithique moyen), grotte de Moula-Guercy en Ardèche (Néandertal au paléolithique moyen), site d'Herxheim, au sud de la Rhénanie-Palatinat, découvert dans les années 1980, (Homo Sapiens, néolithique). 
  • Au-delà de la difficulté d’observer, d’examiner et d’interpréter les indices laissés par les fossiles, le point sensible réside dans la recherches des causes et des motivations du cannibalisme. Ces raisons dépendent fortement de l’espèce concernées, du site, avec une recontextualisation de l’écosystème, de l’environnement et du climat associé à l’époque. Actuellement, deux tendances visent à expliquer le cannibalisme : un besoin alimentaire ou des rites culturels, liés à des rituels funéraires. D’autres pistes sont explorées, notamment sur des coutumes guerrières. 

Pour aller plus loin

[Thread] Retrouvez toutes les sources de l'émission sur le fil Twitter de la Méthode scientifique. 

La recherche montre en main par Camille Malderez

Après deux années passées au Brésil, étudiant et travaillant dans le cinéma et l'audiovisuel, Camille Malderez entreprend à son retour en France ce doctorat en Arts Plastiques sur la thèse "Regard croisé France-Brésil: échanges et influences des mouvements anthropophages" commencée depuis 2017, sous la direction de Sandrine Ferret - professeure de l’Université de Rennes 2 et Regina Melim professeure à l’Université de Santa Catarina, à Florianopolis au Brésil. 

Les références musicales

Le titre du jour : Cannibal's hymn par Nick Cave & The Bad Seeds

Le générique de début : "Music to watch space girls by", par Leonard Nimoy

Le générique de fin : "Says" par Nils Frahm

Chroniques
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