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Que connaît-on des liens qu’il peut y avoir entre la génétique et l’épigénétique dans l’apparition d’un foyer cancéreux ?

Epimédicaments : y’a pas que l’ADN dans la vie

58 min
À retrouver dans l'émission

A quoi sert l’épigénome ? Dans les cas de cancer, quels sont les mécanismes et les acteurs qui viennent perturber l’épigénome ? Quels sont les moyens de diagnostic et de thérapie épigénétiques actuels ?

Que connaît-on des liens qu’il peut y avoir entre la génétique et l’épigénétique dans l’apparition d’un foyer cancéreux ?
Que connaît-on des liens qu’il peut y avoir entre la génétique et l’épigénétique dans l’apparition d’un foyer cancéreux ? Crédits : MR.Cole_Photographer - Getty

Pendant longtemps, on a pensé que l’ADN, c’était la vie. Que nous étions déterminés uniquement par notre génome, que tout était écrit, dans ces brins, noir sur blanc, en quatre lettre et puis c’est tout. Du coup, les cancers étaient eux aussi, pour beaucoup, liés à notre génome. Comment pouvait-il en être autrement ? Et puis petit à petit, cette forteresse génétique a commencé à se fissurer, à être prise d’assaut. Par quoi ? Par l’environnement. C’est le début de l’épigénétique et avec elle, l’espoir de pouvoir influer, directement, sur le développent épigénétique des cancers. Et s’il était possible de contrer l’influence de l’environnement sur les gènes. Et s’il était possible d’inventer des épimédicaments ?

Epimédicaments : y’a pas que l’ADN dans la vie… C’est le programme enroulé déroulé qui est le nôtre pour l'heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

Et pour tout comprendre, non seulement à l’épigénétique, mais surtout à ce que cette discipline ouvre comme perspective de traitement, notamment en cancérologie, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Paola Arimondo, directrice de recherche CNRS, responsable de l’unité « biologie  et épigénétique chimique » de l’Institut Pasteur et Souhila Medjkane, maîtresse de conférences au laboratoire « épigénétique et destin cellulaire » à l’Université de Paris.

Longtemps, on a cru que le phénotype, l’expression des caractères, était le seul résultat de la stricte transcription du génotype, soit l’accumulation de nos gènes. Tout du moins, c’est encore ce qu’on apprenait en spé bio en terminale l’année de mon bac, à la fin du XXème siècle.

Or, outre le problème de la différenciation cellulaire, comment expliquer qu’une cellule musculaire et un neurone ont strictement le même code ADN mais des expressions très différentes ? Les preuves que l’ADN seul ne pouvait pas tout expliquer ont commencer à s’accumuler - comme par exemple, des jumeaux, élevés dans des conditions différentes, et qui présentent à l’âge adulte des phénotypes plus éloignés que s’ils ont été élevés dans le même environnement ?  

Ainsi depuis les années 80, on sait que le cancer est le résultat de mutations ou d’altérations génétiques qui provoquent une prolifération anormale de cellules dans un tissu sain mais depuis une dizaine d’année, on sait que cette prolifération anormale est le fruit de modification non pas du génome mais de l’épigénome, de la conformation de l’ADN.

Le reportage du jour 

On observe que certains cancers pour lesquels les traitements traditionnels rencontrent des limites, avec émergence d’une résistance au médicament qui entraîne un regain de la maladie. C’est le cas du cancer du sein. Mais, il existe des thérapies épigénétiques actuellement en développement pour outrepasser ces limites. Céline Vallot, chercheuse en épigénétique et chef d’équipe à l’Institut Curie. https://bityl.co/5480 Par Céline Loozen.

La Recherche montre en main

« Impact des dérégulations de l’épigénome sur les maladies chez l’homme – exemple des cancers SWI/SNF-dépendants ».

Marina Nocente, doctorante en quatrième année de thèse au CEA, à l’I2BC (Institut de Biologie Intégrative de la Cellule), rattachée à l’Université Paris-Saclay, présente ses travaux en 4 minutes.

Ses recherches se concentrent sur les mécanismes et les dérégulations de l’épigénome. Sa thèse se découpe en deux grandes parties : une partie qui porte sur l’impact des dérégulations de l’épigénome sur des cancers SWI/SNF-dépendants chez l’homme et une autre partie qui porte sur l’impacts de ces dérégulations sur des modèles de la maladie d’Alzheimer.

Les bases documentaires

Retrouvez le thread de cette émission sur le fil Twitter de La Méthode scientifique.

Les références musicales 

Le titre du jour : "La voix des loups" par Francoeur

Le générique de début : "Music to watch space girls by" par Leonard Nimoy

Le générique de fin : "Says" par Nils Frahm 

Chroniques

16H02
4 min

Le Journal des sciences

Technologie d'archivage : 12 octets codés et stockés dans de l'ADN de cellules vivantes
Intervenants
  • Directrice de recherche CNRS, responsable de l'unité “Biologie et épigénétique chimique” de l'Institut Pasteur
  • Maître de conférences au laboratoire “Épigénétique et destin cellulaire” à l'université de Paris
L'équipe
Production
Réalisation
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