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Madeleine Riffaud, grand-reporter, poétesse et Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.
Épisode 8 :

Au Nord-Vietnam : le drapeau du mendiant

1h
À retrouver dans l'émission

Aux résistants des maquis du sud-Viêtnam, Madeleine Riffaud avait promis de poursuivre leur lutte. Elle le fait de 1965 à 1968 partout en Europe. Son livre document "Dans les maquis vietcong" se vend à des centaines de milliers d’exemplaires.

Vietnamiens fuyant après la destruction d'un pont sur la rivière des Parfums par un bombardement américain, Vietnam, 1968
Vietnamiens fuyant après la destruction d'un pont sur la rivière des Parfums par un bombardement américain, Vietnam, 1968 Crédits : Terry Fincher - Getty

1965 marque le début de l’escalade au nord Vietnam. Les Américains, qui tiennent le sud du pays, veulent étendre ce qui leur reste de pouvoir à l’ensemble du territoire. Si les Etats-Unis osent toucher au nord, Madeleine "Chi Tam" Riffaud ira. Toujours pour le journal L’Humanité, elle arrive à Hanoï en 1966.

Sur la ligne de feu, la route fraternelle

Madeleine Riffaut évoque la bataille des voies de communication qui fait rage en 1965, notamment celle autour de la fameuse piste Hô Chi Minh, dont le contrôle représentait l'un des principaux objectifs stratégiques du Pentagone.

Quand on m’a proposé d’aller à Hải Phòng, je me suis retrouvée sur la ligne de feu, aussitôt après avoir quitté les faubourgs de Hanoi. J’ai pu circuler avec l’armée dans des convois sur ce qu’on appelait la piste Hô Chi Minh qui était en fait un lacis de routes. A chaque point névralgique, je remarquais sur le bord de la route des vieux et des jeunes filles qui couchaient à la dure par terre là où on pensait qu’un pont allait être bombardé. Je me souviens d’une jeune fille qui avait eu l’idée de constituer un tas de pierres chaque jour en prévision. Ils attendaient le bombardement pour réparer immédiatement. Il y avait partout des brigades de travail volontaires, faites de garçons et des filles. Ces jeunes gens se hélaient pour se demandaient "Comment il va Amrong ? Est-il blessé ?" Et Amrong, c’était le nom d’un pont très important. On en parlait comme d’une personne de sa famille, on employait des mots comme la chaussée a été "blessée", "pansée", ou on disait que "le sang a recommencé à circuler à telle heure"…"Le pays devenait incarné, je n’ai jamais vu un amour de la patrie aussi charnel. Tant que je vivrai, je garderai une nostalgie éternelle de ces routes qui passaient du Laos au Cambodge. Je n’ai jamais vu nulle part ailleurs de signes d’amour collectif comme le long de ces routes rouges bordées de filaos. C’était la route fraternelle.
Madeleine Riffaud

  • Une série d'entretiens réalisés par Ludovic Sellier
  • Réalisation Marie-Christine Clauzet
  • Première diffusion 11 août 1993
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Production déléguée
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