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Maggie Cheung (Mme Chan) et Tony Leung (M. Chow) dans "In the Mood for Love"

La fin de "In the Mood for Love" dans la cité d'Angkor

2 min
À retrouver dans l'émission

La toute fin du film "In the Mood for Love" de Wong-Kar-wai se déroule au milieu des ruines d'Angkor, une rupture géographique, esthétique et politique, dans le film hongkongais, mais pourquoi ?

Maggie Cheung (Mme Chan) et Tony Leung (M. Chow) dans "In the Mood for Love"
Maggie Cheung (Mme Chan) et Tony Leung (M. Chow) dans "In the Mood for Love" Crédits : Hulton Archive - Getty

C'est l'histoire de Mme Chan et de M. Chow, ils viennent chacun d'emménager avec leurs conjoints respectifs dans la même résidence d'appartements à Hong-Kong. Mais un problème surgit vite : les conjoints respectifs de Mme Chan et de M. Chow, qu'on ne voit jamais, ont tous les deux une aventure. Et donc, Mme Chan et M. Chow se rencontrent, et l'humeur devient amoureuse.
 

C'est l'histoire d'In the Mood for Love, le film de Wong-Kar-Waï sorti sur les écrans en 2000. Mais pourquoi parler de ce film dans une émission consacrée à Angkor ? Hé bien parce que, sans divulguer la fin de l'intrigue, les dix dernières minutes d'In the Mood for Love se passent parmi les temples de l’ancien empire Khmer.

Et dans le film hongkongais, surgit tout à coup une voix française :
 

C'est une rupture complète dans la forme du film. Des images d'archives apparaissent sur l'écran, extraites de la télévision française, ou coloniale. On voit l'arrivée du général de Gaulle en 1966 à Phnom Penh, accueilli par Norodom Sihanouk, avant qu'il ne prononce son discours sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Puis dans les plans suivants, M. Chow se promène parmi les temples d'Angkor, après une ellipse de quatre ans.

Que vient faire cette échappée vers le Cambodge dans le film ?

Elle cause d’abord une irruption de la politique dans une histoire d’amour. Car il y a une toute discrète manière chez Wong Kar-wai de signaler l'histoire politique, dans un mélodrame amoureux et intime. Des événements se maintiennent toujours dans le décor et l'arrière-pays du film. Les émeutes de Hong Kong en 1962 sont ainsi évoquées, ainsi que les difficultés pour quitter l’ancienne colonie britannique. Ici l’irruption de l’histoire cambodgienne, brutale dans son montage, vient casser le rythme du film pour le mener à sa conclusion.

Ensuite ce que permet cette dernière et très belle scène à Angkor, c'est un effet d'ouverture. Du huis-clos hongkongais, les images s'évadent vers le Cambodge. Pendant presque une heure et demie de film, le spectateur est plongé dans des espaces fermés : des intérieurs de chambres ou d'appartement, de bureaux ou de restaurants, et le dehors est limité à quelques ruelles étroites. Dans In the Mood for Love, On ne voit littéralement pas Hong Kong, mais à la fin on voit Angkor. La caméra de Wong Kar-wa circule entre les bâtiments et les paysages de pierres, elle s’attarde sur les plafonds des vieux temples.
 

Enfin, le mystère de cette dernière destination du film tient sûrement dans un dialogue juste avant la fuite vers Angkor. M. Chow se confie à son ami, le rigolo typique qui prétend être un homme simple et qui n'a rien à cacher.
 

Autrefois, quand quelqu'un avait un secret et qu’il voulait le préserver, il allait dans la montagne, creusait un trou dans un arbre et y racontait son secret. Puis il bouchait le trou avec de la terre. Et scellait le secret à jamais.

Dans les temples d'Angkor, on voit M. Chow chuchoter, ou dire quelque chose à un trou dans le mur d'un des temples, sous les yeux d'un  moine bouddhiste.  Angkor serait donc un bon lieu où raconter et sceller à jamais un secret.

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