LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Alan Moore à Londres en 2011

La Ligue des gentlemen extraordinaires : il pleut des héros

2 min
À retrouver dans l'émission

Imaginer un attelage réunissant les grands héros de la période victorienne C'est l'idée du comic book d'Alan Moore et Kevin O'Neill

Alan Moore à Londres en 2011
Alan Moore à Londres en 2011 Crédits : Nick Pickles - Getty

Aujourd'hui, je vais évoquer non pas un gentleman en particulier mais une troupe, une compagnie, une brochette de Gentlemen. Tous ont pour point commun une forme d'héroïsme, des origines anglo-saxonnes, et le statut de créature de papier : c’est la ligue des gentlemen extraordinaires, un comic book anglais paru à la fin des années 90.

Ces gentlemen ont été réunis par le délire et la vision de celui qu’on appelle le rossignol de Northampton, le barde, magicien et créateur des bandes dessinées Watchmen et V pour Vendetta, j’ai nommé Alan Moore. 

On l’écoute nous expliquer par lui-même son idée toute simple :
 

L’idée de départ ressemble assez au résultat final. On s'est dit : prenons un groupe d’aventuriers et de héros de l’époque victorienne, et mélangeons-les dans une histoire d’aventure exubérante et flamboyante. Donc on a choisi nos cinq ou six héros victoriens préférés.

Le projet de la Ligue a été porté par Alan Moore et son acolyte, le dessinateur Kevin O'Neill. Leurs cinq héros préférés de l'époque Victorienne (en gros la fin du 19ème siècle), compte quatre hommes et une femme :

  • Mr. Griffin alias L'homme invisible, la créature de HG Wells 
  • Mr Hyde, l'alter ego monstrueux du Dr. Jekyll inventé par Robert Louis Stevenson
  • Le capitaine Nemo, et son Nautilus, tiré du roman de Jules Verne Vingt mille lieux sous les mers
  • Wilhelmina Murray, un personnage du Dracula de Bram Stoker, mordue par le vampire
  • et Allan Quatermain, un personnage de la littérature populaire anglaise, moins connu en France, un chasseur victorien tiré d'une série de romans signé Henry Rider Haggard 

Un attelage hétéroclite donc, qui se corse un peu plus si j'ajoute qu'ils travaillent pour le compte d'un agent secret, un certain Mr. Bond, qui travaille lui-même pour le compte d’un mystérieux « M ».
 

On croise ainsi, au fur et à mesure des pages de la BD, le chevalier Auguste Dupin, l'enquêteur des nouvelles d'Edgar Allan Poe, Adenoïd Hynkel, le dictateur de Chaplin, Orlando, le personnage androgyne de Virginia Woolf, et mille autres références à tous les pans de la fiction mondiale.
 

A eux deux, Moore et O'Neill invente un univers parallèle au nôtre, où la surface de la lune n'a pas été foulée par Neil Armstrong, mais par Cyrano de Bergerac. Un univers où la fiction et les livres ont pris le pas sur le réel, et où les personnages sont des lecteurs des histoires des uns et des autres. Comme un récit dont tous les héros seraient des Don Quichotte.
 

Les albums inventent une nouvelle histoire à partir des pièces détachées des narrations qui les ont précédées. Ils revisitent le patrimoine et le personnel des héros anglais, en même temps que les lectures de l'enfance. Moore et O’Neill reconduisent aussi l'un des gestes importants de la littérature européenne : la réécriture des mythes.  
 

Une phrase se tient en exergue du volume 1 de la BD "L'Empire britannique a toujours éprouvé des difficultés à distinguer ses héros de ses monstres". Se tenir entre le héros et le monstre : peut-être une définition du gentleman extraordinaire.

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......