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Agnès Varda à Venise en 2008

Les récupérations artistiques d'Agnès Varda

3 min
À retrouver dans l'émission

Dans son film "Les glaneurs et la glaneuse", la cinéaste Agnès Varda montre plusieurs artistes qui glanent toute sorte d'objets, une enquête sur la récupération dans l'art.

Agnès Varda à Venise en 2008
Agnès Varda à Venise en 2008 Crédits : Alberto Pizzoli - AFP

Parmi les admirateurs de la vie et de l'œuvre du Facteur Cheval, on trouve une cinéaste : Agnès Varda. Elle s'est fréquemment rendue à Hauterives sur les traces de l'artiste. Une exposition a même été consacrée l'année dernière aux correspondances de Varda dans le lieu même du palais idéal.
 

On trouve des traces de cette admiration dans ses œuvres. Et notamment dans son film sorti en l'an 2000, qui a porté la récupération, et le ramassage d'objets presque au rang d'un art de vivre : Les glaneurs et la glaneuse. Dans ce road movie, dans ce film de route, Agnès Varda part à la rencontre des glaneurs, des récupérateurs, de ceux qui se baissent pour ramasser, et parmi eux un certain nombre d'artistes, des collecteurs compulsifs, comme le facteur Cheval.
 

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C'est la voix de l'artiste Louis Pons, dans Les glaneurs et la glaneuse. Il compose des tableaux avec des objets récupérés et décrit ainsi finement sa démarche de récupération artistique, et sa démarche artistique tout court. Car l’artiste glaneur permet de comprendre quelque chose de tout travail artistique, et l’on comprend que Varda les filme aussi pour cela. L'apparence de chaos dans ce qu'on appelle pour aller vite, trop vite, l'art brut ne doit pas nous tromper. Ces œuvres ne feraient pas désordre, mais ordre. Et le comble de l'art serait de mettre un peu d'ordre dans le réel et dans les têtes.
 

"Où s'arrête le jeu où commence l'art ?" se demande Agnès Varda dans Les glaneurs et la glaneuse. Et la question ne cesse de résonner.

Juste avant dans le film, elle croise dans l'Aisne, un autre palais idéal : celui de l'artiste Bohdan Litnianski, un maçon d'origine russe. Dans la cour de sa maison de Viry-Noureuil, il a construit un "Jardin des merveilles", où s'élèvent ce qu'il appelle des "tours totem", faites d'un assemblage d'objets de toute sorte, trouvés dans des décharges. La caméra de Varda s'attarde notamment sur les nombreuses têtes de poupées qui peuplent ces monticules de choses. Des poupées tout à fait effrayantes, et qui ont dû effrayer la réalisatrice.
 

"Qu'est-ce que vous pensez de c'qui fait votre mari ?" demande Varda à sa femme.
Celle-ci répond : "c'est un amateur, on peut pas l'empêcher, alors on laisse faire !"
 

Travail méticuleux, patient, amateur, professionnel et politique, Varda filme toutes les dimensions du glanage et de la trouvaille artistiques.

Cette pratique de la récupération des artistes n'est cependant pas une démarche sans taches, et elle peut être à son tour récupérée. Varda montre ainsi dans son film des œuvres de récupération exposées à la prestigieuse fondation Cartier à Paris. Elle épingle alors la chose, avec une phrase cinglante, dite de sa voix douce : 

La récup' ménagère est entrée dans le marché de l'art et quand je dis "marché", je ne dis pas "bon marché"

Le marché c’est aussi celui qui régit les propriétaires d’arbres fruitiers, notamment les figuiers. Et comme c’est bientôt la saison des figues, on laisse la parole à Agnès Varda dans les figuiers.

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