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Peter Tosh lors d'un concert en 1980

"No Sympathy" : la complainte de Peter Tosh

3 min
À retrouver dans l'émission

Peter Tosh, l'autre grand nom jamaïcain du reggae période Marley est l'auteur d'une belle complainte : "No Sympathy", un morceau sorti sur le disque "Legalize it" (1976).

Peter Tosh lors d'un concert en 1980
Peter Tosh lors d'un concert en 1980 Crédits : Mike Prior - Getty

En 1973 la formation des Wailers éclate. Des histoires de production et de fatigues diverses conduisent au départ de deux membres du groupe : Neville Livingston dit "Bunny Wailer" et Peter Tosh, chanteur et guitariste. C'est ce deuxième nom qui nous intéresse aujourd'hui. 

Peter Tosh, c’est l'alter ego de Bob Marley, la voix caverneuse des Wailers, celui qui a composé entre autres Get Up, Stand Up et 400 years. On l’appelait "the stepping razor", en référence à un morceau de 1977.

En 1976, il sort son premier album solo sur le label Columbia. Un disque qui porte un titre au message extrêmement limpide : Legalize it, en français "Légalise ça". Et "ça", c'est le cannabis. Sur la pochette du disque, Tosh pose assis au milieu de plants de cannabis plus grands que lui. Une photo devenue mythique, voire comique, car aujourd'hui le cannabis fait rire, pour différentes raisons, dont certaines sont mauvaises. Peter Tosh inscrit son album et son combat pour la légalisation dans un contexte politique de dure répression de la consommation de ganja par les autorités jamaïcaine. On raconte même qu’un trafic de cannabis aurait aidé au financement de la production de l'album.

Parmi les titres du disque, il y a une perle : No Sympathy.

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Le morceau qu’on écoute est moins célèbre que d’autres titres de Peter Tosh comme Legalize it, Bush Doctor, ou encore Walk and don't look back, un duo avec Mick Jagger. Il était prévu que No Sympathy devienne un tube en Angleterre, mais tel n’a pas été sa destinée.

Je ne peux trouver l'amour, ni la sympathie      
Quel genre d'amour ont-ils pour moi ?      
Ils ne s'aiment pas eux-mêmes, donc ils ne peuvent aimer personne d'autre

Peter Tosh entonne ainsi ce titre lamento, qui est aussi une grande complainte. No Sympathy s’avance comme un grand chant du dépit et de la déception, amoureuse peut-être, politique sûrement. On y entend les différents degrés de la voix grave du chanteur déplorer les sentiments fabriqués, chercher les sentiers de la joie, en dehors des enfers. Une chanson à l’adresse mystérieuse.

Pour ce titre, et pour tout l'album Legalize it, Tosh a fait appel à rigoureusement la même équipe que celle de Bob Marley : Les frères Barrett à la basse et la batterie, Robby Shakespeare, ainsi que les choristes. À cela s’ajoute la guitare grinçante d’Al Anderson, qui nous offre un solo royal au milieu de No Sympathy. C’est donc toute une branche nouvelle de la formation des Wailers que l’on entend pousser ici.

Peter Tosh a longtemps porté avec lui No Sympathy, comme une blessure, un talisman ou autre chose. Il en existe plusieurs versions antérieures de No Sympathy : une qui date de 1970, sur l’album Soul Rebels des Wailers. Et une autre parue en bonus track sur l'album Burning en 1973. Deux versions moins dessinées et moins poignantes que celle de 1976, celle que l’on écoute.
 

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