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Lana Del Rey au festival de Glastonbury en 2014

"The Greatest" : la chanson du burn-out selon Lana Del Rey

3 min
À retrouver dans l'émission

Défense et illustration de la chanteuse pop Lana Del Rey, à travers une de ses chansons de 2019 : "The Greatest".

Lana Del Rey au festival de Glastonbury en 2014
Lana Del Rey au festival de Glastonbury en 2014 Crédits : Samir Hussein - Getty

Parmi la foule de chansons pop qui sont produites chaque année, chaque saison, et chaque mois, je ne parlerai aujourd’hui que d’une seule. Elle s'appelle "The Greatest", on ne sait pas si c’est la plus grande, en tous cas elle figure sur l'album Norman Fucking Rockwell ! sorti à la fin de l'année 2019, et son auteure s'appelle Lana Del Rey.
 

The Greatest est une des belles chansons de la star californienne, qui convoque beaucoup de références à la musique pop, elle porte une nostalgie aussi étrange que drôle, et un certain sentiment d'extinction.
 

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Tout commence par une guitare, puis la voix claire de Lana Del Rey, un rien désabusée et flegmatique, qui parle de Long Beach qui lui manque, du bar des Beach Boys, et du dernier arrêt de Dennis Wilson, batteur du groupe, mort en 1983
 

"Nous ne savions pas que nous avions tout / Mais personne ne te prévient avant la chute" chante Lana Del Rey, avec sa voix amplifiée.

Elle parle de la flamme des nuits, de l'ivresse et d'une descente.Car une perte a eu lieu, la plus grande perte de toutes les pertes, "The Greatest", celle qui donne son titre à la chanson, mais la perte de quoi ? le deuil de quoi ?

Le texte dit : "The culture is lit" : littéralement : la culture est allumée, donc géniale, mais le verbe est à double sens et peut aussi vouloir dire : la culture s'enflamme. On a passé du bon temps mais, maintenant, c'est l'heure du burn-out. L’âge d’or de la pop est passé. « I guess that I am burned out after all» / « après tout, je suis en burn-out »
 

Un burn-out physique, artistique et climatique s'incarne dans la chanson. Comme si toute une forme de culture avait brûlé et disparu dans les flammes, tout comme la ville de Los Angeles avec les incendies de l'été 2018. « L.A. is in flames and it's getting hot » : « L.A. brûle et ça devient chaud »
 

Lana Del Rey, prêtresse du désenchantement, chanterait-elle donc une énième fois la mort et la disparition de la pop ? On verra plutôt dans « The Greatest » une manière de chanter avec dérision et humour malgré la catastrophe, et au beau milieu d'elle. Ainsi qu’une façon de délirer l’histoire de la musique
 

Ainsi la fin de la chanson aligne plusieurs références à la pop. Lana Del Rey y écrit : "Kanye West is blond and gone", Kanye West le rappeur est blond et parti, peut-être qu'il s'est peroxydé les cheveux, ou peut-être plutôt qu'il a succombé aux charmes du président blond Donald Trump, et c’est aussi une forme de burn-out.  
 

Enfin la chanson conclut : "Life on Mars ain't just a song", la vie sur mars est devenue davantage qu'une chanson de Bowie, avec les délires d'Elon Musk. En plus des mélancoliques doubles sens des textes et de l’interprétation de Lana Del Rey, on n’insistera jamais assez sur les degrés d'humour qu’elle déploie.    

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