LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Vue du parc d'attractions Mirapolis à Cergy-Pontoise, en juin 1989, dans le Val-d'Oise, France

Voyage parmi les architectures modestes

3 min
À retrouver dans l'émission

Art modeste, art populaire, art commercial, dans l'écheveau de toutes ces appellations, est-il possible de distinguer les contours ou les formes d'une architecture modeste.

Vue du parc d'attractions Mirapolis à Cergy-Pontoise, en juin 1989, dans le Val-d'Oise, France
Vue du parc d'attractions Mirapolis à Cergy-Pontoise, en juin 1989, dans le Val-d'Oise, France Crédits : Jean-Marc Charles - Getty

Une question aujourd’hui : est-ce qu'il existe quelque chose comme une ou des architectures modestes ? Quelles en seraient les constructions, les principes et les formes ?

On pourrait considérer que l'art de bâtir appartient historiquement à la geste, et au désir, des princes. Car ce sont souvent les chefs, les empereurs et les rois qui ordonnent les constructions, en pierres, en marbres, ou en bronze. Elles restent dans l'histoire de l'art traditionnelle, résistent parfois aux temps, et deviennent du patrimoine. Dans ce contexte, et cette histoire brossée (très) rapidement, les hypothétiques architectures modestes s'annoncent donc comme fragiles, et il sera difficile d'en dessiner les contours.
 

Mais, puisque l'on parle de contours, parlons plutôt de frontières. Sur la carte de l'art modeste, conçue par Hervé di Rosa, et que l’on peut voir au MIAM (le Musée International des Arts Modestes) ou ici, le grand et long pays de l'architecture est situé tout à l'ouest, entre l'art antique et la musique, et en dehors des Territoires Modestes. L'architecture aurait donc à voir avec le très ancien, avec l'originel. Dans son système idéal et classique des arts, le philosophe Hegel situait d'ailleurs l'architecture à la base de la pyramide et à l'origine symbolique de toutes les pratiques artistiques. Forme colossal, l’architecture exprime la grande opération des premiers artistes.
 

Quand soudain, surgit une archive :
 

Écouter
27 sec
Patrick Bouchain à propos d'architecture populaire

On vient d'entendre la voix de l'architecte Patrick Bouchain, qui a réaménagé le MIAM, dans un ancien chai à vin de la ville de Sète. Bouchain vient de briser le beau système hégélien, il peut nous mettre sur la piste des architectures modestes. Car si l’on suit ce qu'il vient de dire, l'architecture comporte une dimension fondamentalement populaire, non seulement dans sa construction, puisqu'elle est une œuvre collective, mais aussi dans ses usages, puisque tout le monde s'en sert. Le principe architectural serait donc modeste en soi, même si historiquement, et Patrick Bouchain le regrette, l'architecture est devenue l'affaire protégée de certains experts.
 

Mais reprenons notre voyage sur la carte du MIAM. A côté du grand espace de l'architecture, on trouve un petit pays frontalier, baptisé "architectures vernaculaires", qu'est-ce à dire ? L’expression possède plusieurs sens, elle désigne les architectures locales, indigènes, ou ancrées dans les usages. Ce sont des constructions faites littéralement avec tout ce que l'on trouve à portée de main, certains habitats traditionnels, comme les trulli dans les Pouilles, par exemple. On aurait là des exemples d’architectures modestes, qui sont d'ailleurs aujourd'hui reconsidérées à la faveur des crises climatiques.
 

Des Trulli, à Alberobello, dans les Pouilles, en Italie
Des Trulli, à Alberobello, dans les Pouilles, en Italie Crédits : DEA / G. SOSIO - Getty

Toujours sur notre carte, à côté du pays des architectures vernaculaires, il y a un pays encore plus petit, presque de la taille d'une principauté, sur lequel il est inscrit : "Parcs à thème". Ici serait peut-être un lieu privilégié pour l’expression des architectures modestes. Des lieux à la fois commerciaux et à la finalité divertissante et surprenante. Des lieux où règnent les couleurs, les musiques, et des émotions contrastées et intense comme le rire fou, ou le frisson total. Des lieux qui peuvent être éphémères, un peu à la manière des théâtres. Des foires enfin, où l'on peut croiser des héros populaires de toutes les nations. Bref, le parc à thème serait l’objet d’une forme d’art total. Peut-être.
 

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......