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Vue aérienne des dégâts causés par l’ouragan Dorian à Marsh Harbour, Great Abaco Island aux Bahamas. Photo prise le 5 septembre 2019.

Bahamas : comment reconstruire dans les zones cycloniques ?

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Les Bahamas à l’heure du bilan après le passage de l’ouragan Dorian. Comment faire face à la catastrophe pour reconstruire l'après ?

Vue aérienne des dégâts causés par l’ouragan Dorian à Marsh Harbour, Great Abaco Island aux Bahamas. Photo prise le 5 septembre 2019.
Vue aérienne des dégâts causés par l’ouragan Dorian à Marsh Harbour, Great Abaco Island aux Bahamas. Photo prise le 5 septembre 2019. Crédits : BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

Sept cents îles et îlots dans les Caraïbes, dévastés par des pluies torrentielles et des vents allant jusqu’à 300 km/h. A ce stade, les autorités dénombrent une vingtaine de morts ; 70 000 personnes ont besoin d’une aide d’urgence, et des milliers d’habitations sont détruites. Comment appréhender le long terme quand il faut reconstruire vite et dans ces conditions, qui plus est dans des zones où les catastrophes naturelles risquent de se répéter ?

Guillaume Erner reçoit Cyrille Hanappe, architecte, directeur pédagogique du diplôme de spécialisation et d'approfondissement « Architecture des risques majeurs » à l’Ecole Nationale Supérieure d’architecture Paris-Belleville, a dirigé l’ouvrage « La ville accueillante », ed. PUCA.

"L’ouragan détruit tout absolument tout, vous n’avez plus aucune culture, tout est détruit, les forêts sont détruites, il n’y a plus rien, il n’y a plus à manger… alors que dans le cas d’un séisme, les cultures sont encore là, les forêts sont encore là, on peut reconstruire." Cyrille Hanappe.

"Le « seul avantage » de l’ouragan par rapport au séisme, c’est que les infrastructures, notamment les réseaux d’évacuation d’eau, vont résister. Certes ils sont inondés au début mais l’eau va finir par sortir. Ces infrastructures de réseau qui coûtent cher, résistent". Cyrille Hanappe.

Il faut se méfier de cette notion d’habitat d’urgence… le logement c’est quelque chose d’extrêmement personnel… on doit accompagner le logement, mais l’architecte, il doit se concentrer sur le temps long, sur ce qui fait du commun, ce qui réunit les gens. Alors bien sûr il faut donner la base… mais sur ces questions de logement, inventer l’abri, à chaque fois, ça a été des catastrophes. En Haïti, en particulier ça a été des catastrophes… Cyrille Hanappe.

"L’abri, le « shelter », il y a un standard qui est défini, il fait 18 m2, il y a un cahier des charges, des appels d’offres internationaux (les Américains, les Allemands, les Brésiliens sont très bons pour les produire), on va vendre des « shelter », alors qui gagne l’argent ? On dit on a donné des milliards à Haïti mais en fait ce sont des boîtes qui sont partout, qui gagnent l’argent". Cyrille Hanappe.

Et vous avez les inventions les plus absurdes en termes d’abri : en plastique, en boîte d’œufs… mais en fait, ces « shelter » vont devenir des déchets, c’est de la production de déchets et ce n’est jamais propre aux modes de vie locaux. Cyrille Hanappe.

Vous pouvez réécouter l'interview en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page ou consulter la vidéo ci-dessous.

Intervenants
  • architecte, directeur pédagogique du diplôme de spécialisation et d'approfondissement « Architecture des risques majeurs » à l’Ecole Nationale Supérieure d’architecture Paris-Belleville, a dirigé l’ouvrage « La ville accueillante », ed. PUCA.
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