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Vendredi 2 avril, une équipe de journalistes de M6 infiltre un restaurant clandestin. Les hashtags "#onveutlesnoms" et "#mangeonslesriches" fleurissent sur les réseaux.

Bamboches et restaurants clandestins : comment les réseaux sociaux alimentent le scandale ?

9 min
À retrouver dans l'émission

Lorsque la nouvelle de la tenue de repas clandestins, réservés à une clientèle triée sur le volet, en plein cœur de Paris, se répand sur les réseaux sociaux, tous crient au scandale. Sentiment d'injustice, mais aussi détournements humoristiques : la recette d'un "buzz" garanti.

Vendredi 2 avril, une équipe de journalistes de M6 infiltre un restaurant clandestin. Les hashtags "#onveutlesnoms" et "#mangeonslesriches" fleurissent sur les réseaux.
Vendredi 2 avril, une équipe de journalistes de M6 infiltre un restaurant clandestin. Les hashtags "#onveutlesnoms" et "#mangeonslesriches" fleurissent sur les réseaux. Crédits : Archive Photos - Getty

Les bars et restaurants vous manquent ? Muni d’un carnet d’adresse adéquat, et d’un porte-monnaie non moins adapté, vous pouvez remédier à votre nostalgie. C’est ce que nous a appris le reportage réalisé par une équipe de la chaine de télévision M6, diffusé le 2 avril dernier. On y voit une journalise infiltrer un restaurant clandestin situé dans le très chic Palais Vivienne à Paris. Le maître des lieux, Pierre-Jean Chalançon s’enorgueillit même d’avoir accueilli des Ministres à sa table. Un extrait du reportage est mis en ligne : déferlent alors sur les réseaux sociaux des messages exprimant un fort sentiment d’injustice, voire une véritable haine des riches aux côtés de photos mettant en scène des plats douteux à l’image de ceux proposés par le restaurateur. Ce dernier invoquera plus tard le poisson d’avril et niera toute présence ministérielle mais le mal est fait. Quel rôle ont joué Twitter, Instagram et autres Facebook dans la diffusion du scandale ? Doit-on y voir un simple bad buzz culinaire ou la propagation d’un réel sentiment de déconnexion entre une élite qui semble agir en toute impunité et le quidam moyen condamné au plexiglas à la cantine ?

Guillaume Erner reçoit Nicolas Vanderbiest, fondateur de l’agence Saper Vedere, un cabinet de conseil dédié à la communication des affaires publiques.

Comment expliquer la vitalité de ce scandale ? 

À la suite de la diffusion du reportage dans ce restaurant clandestin, les #OnVeutLesNoms, mais aussi #MangeonsLesRiches ont fleuri sur Twitter.

Premièrement, il y a la vidéo diffusée par M6, puis rapidement pas mal de partages sont faits et directement après Gérald Darmanin annonce une enquête. C'est là où la viralité commence. Ça devient important d'un point de vue politique, on a un certain nombre de comptes militants avec une audience conséquente qui commence à réagir et donc ça devient une séquence politique. 

S'enclenche alors la phase de polémique avec un double jeu. D'une part, on a des acteurs qui s'expriment, Pierre-Jean Chalançon qui donne sa version du 1er avril, le gouvernement qui indique qu'il n'a rien à se reprocher. Pendant ce temps-là, les militants font des recherches documentaires de traces numériques pour savoir qui est Pierre-Jean Chalançon. 

On voit des images arrivées du compte Instagram d'un chef qui s'appelle Christophe Leroy et d'autres. Et enfin, la phase de memes, de commentaires, où on blague, on commente, on suit les choses. Il y a une externalisation de l'audience qui est moins politique et plus grand public. On arrive alors à une séquence qui a capitalisé 417 000 tweets aujourd'hui. 

Intervenants
  • fondateur de l’agence Saper Vedere, un cabinet de conseil dédié à la communication des affaires publiques.
L'équipe
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