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Un docteur vaccinant un patient le 6 octobre 2017 à Ajaccio en Corse.

Défiance envers les vaccins : où en est la couverture vaccinale ?

7 min
À retrouver dans l'émission

Alors que la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière est lancée, qu'en est-il de l'adhésion à la vaccination au sens large en France ? La défiance envers les vaccins est-elle toujours aussi forte ? Où en est aujourd'hui la couverture vaccinale ?

Un docteur vaccinant un patient le 6 octobre 2017 à Ajaccio en Corse.
Un docteur vaccinant un patient le 6 octobre 2017 à Ajaccio en Corse. Crédits : PASCAL POCHARD-CASABIANCA - AFP

Depuis la mi octobre 2019, il est possible de se faire vacciner contre la grippe saisonnière. Et en ce début de campagne de vaccination, survient l’éternelle question de savoir s’il faut ou non se faire vacciner, si l’injection sera ou non efficace. En juin 2019, une étude mondiale révélait que pour un Français sur trois, les vaccins ne sont pas sûrs. Parmi les 144 pays étudiés, la France est apparue comme étant le pays le plus sceptique vis-à-vis des vaccins. Quelles sont les conséquences de cette défiance ? Où en est aujourd’hui la couverture vaccinale en France ?
 

Guillaume Erner reçoit Hervé Le Louët, professeur de pharmacologie à l’Université Paris-Est Créteil, dirige le service de pharmacovigilance à l’hôpital Henri Mondor de Créteil, président du CIOMS (Conseil des organisations internationales des sciences médicales).

Le débat sur la vaccination

Le débat sur la vaccination en France semble totalement clivé : "Nous sommes incapables d'avoir un débat apaisé sur le vaccin par rapport à d'autres médicaments. Le vaccin est un médicament, mais là vous êtes pour ou contre. [...] Soit vous exprimez un doute vis-à-vis d'un vaccin, et vous passez pour un rétrograde totalement hors du temps, soit vous êtes pour et vous êtes perçu comme vendu à l'industrie pharmaceutique. La science a été remplacée par la foi." Hervé Le Louët

Le taux de couverture

Il y a un mouvement vers une meilleure couverture vaccinale, au moins pour les vaccins des nouveau-nés. Hervé Le Louët

Le fait de rendre ou non la vaccination obligatoire n'est pas le seul élément qui influe sur le taux de couverture : "Nous faisons partie des pays coercitifs, on oblige. Si vous prenez la Suède, qui a des taux de couverture bien supérieurs aux nôtres, il n'y a aucun vaccin obligatoire. C'est un problème comportemental et de pédagogie. On parle beaucoup du bénéfice de la vaccination et on parle assez peu du risque." Hervé Le Louët

Il y a une grande diversité des maladies desquelles protègent les vaccins et donc une diversité dans les objectifs de couverture vaccinale : "La vaccination contre la grippe ne représente pas la problématique du vaccin dans son ensemble. Si vous prenez le tétanos, qui est une maladie non contagieuse, le bénéfice est totalement égoïste. La grippe, [...] on a plus l'impression de protéger la population que de se protéger soi-même, mais c'est comme cela qu'on arrête de faire circuler des virus et que globalement on sauve des vies." Hervé Le Louët

Le risque des vaccins

Comme tout médicament, les vaccins comportent des effets secondaires, mais le ratio risque bénéfice est à l'avantage des vaccins :

"Le risque est celui de tout médicament, [...] il y a des effets secondaires. Mais il faut savoir que le bénéfice dépasse largement le risque pris. Il y a une théorie complotiste sur le vaccin qui n'est pas scientifiquement explicable." Hervé Le Louët

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Intervenants
  • professeur de pharmacologie à l’Université Paris-Est Créteil, dirige le service de pharmacovigilance à l’hôpital Henri Mondor de Créteil, président du CIOMS (Conseil des organisations internationales des sciences médicales).
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