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Collection : LightRocket Date de création : 15 mars 2021

Des chauffeurs Uber requalifiés en travailleurs salariés : que peut changer la décision britannique ?

8 min
À retrouver dans l'émission

En Grande-Bretagne, Uber a décidé mardi 16 mars 2021 d’accorder à plus de 70 000 de ses chauffeurs outre-manche, le statut de « travailleur salarié ». Quel est ce statut précisément ? Pourquoi Uber a pris cette décision ? Est-ce la fin du travail précaire pour les collaborateurs de ces plateformes ?

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Collection : LightRocket Date de création : 15 mars 2021 Crédits : SOPA Images - Getty

En Grande-Bretagne, Uber a finalement décidé mardi 16 mars 2021 d’accorder à plus de 70 000 de ses chauffeurs outre-manche, le statut de « travailleur salarié ». Que change ce statut pour les collaborateurs d’Uber ? Pourquoi le géant américain a-t-il pris cette décision inédite ? Préfigure-t-elle l’émergence d’un nouveau modèle pour les droits sociaux des travailleurs des plateformes numériques ?

Guillaume Erner reçoit Frédéric Fréry, professeur de stratégie à l’ESCP, auteur notamment de « 100 idées impertinentes pour mieux manager », ed. Harvard Business Review.

De quelle avancée parle-t-on ?

Uber est une entreprise qui a été créée en 2009 et aujourd'hui, il y a à peu près 4 millions de personnes qui travaillent pour eux. Uber est entré en Bourse l'an dernier et aujourd'hui, sa valorisation pèse autant que les sept plus grosses compagnies aériennes mondiales.

Ce n'est pas tout à fait vrai de dire que leurs chauffeurs ont obtenu le statut de salarié en Grande-Bretagne, parce qu'il existe là-bas deux statuts assez différents qui sont "employe" qui veut dire salarié, et "worker" qui est travailleur. En fait, ils ont obtenu, le statut de "worker" et ce n'est pas la même chose. 

Il n'y a pas de contrat de travail, mais il y a un salaire minimum et ils peuvent cotiser à un fonds de pension pour avoir une bonne retraite. En revanche, il n'y a pas de congés payés, il n'y a pas d'arrêt maladie, ni de congé maternité ou paternité. 

Un modèle flexible mais précaire

Ce changement de statut au Royaume-Uni change beaucoup de choses au niveau de la flexibilité, dont Uber avait fait son modèle économique. Il faut savoir qu'aux Etats-Unis l'an dernier, il y a eu une loi en Californie qui avait été passée et qui obligeait Uber à considérer ses chauffeurs comme des employés. Immédiatement, l'action Uber a perdu 30% en Bourse, montrant ainsi que c'était bien un élément essentiel de son modèle économique, que ce ne soit pas le cas. 

Uber a réussi à faire passer un référendum au moment des élections présidentielles américaines, et la population de la Californie a refusé cette loi et on a vu immédiatement la valeur boursière de Uber augmenter de 30 %.

Le point important dans cette affaire, c'est que pour obtenir ce vote positif de la population, ils ont proposé en Californie un statut qui est assez proche du statut de "worker" en Grande-Bretagne. C'est à dire qu'il y a des compensations proposées, ce sont toujours des travailleurs indépendants, mais ils ont un salaire minimum. On sent bien que le système est en train de se gripper par rapport à la fluidité extrême de Uber. 

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

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