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Infirmières portant des masques chirurgicaux durant l’épidémie de SRAS à Guangzhou en Chine.

Epidémie : faut-il craindre le nouveau virus chinois ?

6 min
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En Chine, un nouveau virus a déjà entraîné la mort de neuf personnes et en a contaminé plus de 400. Présenté comme étant proche du SRAS, faut-il craindre une propagation mondiale de ce nouveau virus ?

Infirmières portant des masques chirurgicaux durant l’épidémie de SRAS à Guangzhou en Chine.
Infirmières portant des masques chirurgicaux durant l’épidémie de SRAS à Guangzhou en Chine. Crédits : STR - AFP

Plus de 400 cas reconnus, neuf morts avérés au 22 janvier 2020… En Chine, un nouveau virus fait planer le spectre du SRAS, Syndrome Respiratoire Aigu Sévère qui, en 2003, avait entraîné la mort de plus de 800 personnes. A ce stade, des cas de personnes atteintes par ce nouveau virus ont été repérés au Japon, en Corée du Sud et en Thaïlande. Que sait-on sur ce nouveau virus ? Est-il comparable au SRAS ? S’agit-il d’une maladie émergente ? Faut-il craindre une propagation mondiale ? 

Guillaume Erner reçoit Yazdan Yazdanpanah, directeur de l’Institut d’immunologie, inflammation, infectiologie et microbiologie à l’Inserm et chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat à Paris, co-auteur avec Jean-Philippe Braly de « Les maladies émergentes » ed. Quae.

Quel type de virus ? Quelle transmission ? 

C'est un virus qui a commencé à se propager mi-décembre à Wuhan, en Chine. Progressivement, le nombre de cas a augmenté pour arriver à plus de 400 cas aujourd’hui (22 janvier 2020). Apparemment, il s'agit de malades qui étaient exposés au départ, à un marché d'animaux. Yazdan Yazdanpanah.

C'est une transmission à l'homme qui a été faite par des animaux. Et progressivement, depuis quelques jours, on parle de plus en plus de transmission d'homme à homme. Yazdan Yazdanpanah.

Ça se présente par une infection respiratoire, donc fièvre, toux, essoufflement et parfois, il y a des formes sévères. Yazdan Yazdanpanah.

Mais le plus souvent, ça n’évolue pas vers les formes sévères, même si ça peut et donc si ça évolue vers les formes sévères, cela peut entraîner la mort. Yazdan Yazdanpanah.

Ce virus-là fait partie de la famille des coronavirus. La famille de coronavirus est une famille très grande… Yazdan Yazdanpanah.

Pourquoi tant de peur ? 

C'est un nouveau virus. Et chaque fois, comme quand il y a un nouveau virus qu'on ne connaît pas, on a peur. On a peur parce qu'il y a un peu d'inconnu. On ne sait pas comment ça se transmet, quelle est l'ampleur de cette transmission… Là, on sait maintenant qu'il y a une transmission à l'homme. Yazdan Yazdanpanah.

C'est très proche du virus du Sras de 2002-2003.  Yazdan Yazdanpanah.

Depuis 2002-2003, on a beaucoup avancé sur comment diagnostiquer, comment isoler, comment s'organiser pour combattre ces virus qui se transmettent de personne à personne. Par contre, malheureusement, on n'a toujours pas de traitement ni de vaccin. Yazdan Yazdanpanah.

Et donc, ça, c'est quelque chose qui manque, effectivement. Même si encore une fois, on a quand même beaucoup de moyens pour combattre ces virus. Yazdan Yazdanpanah.

Possibilité d’un vaccin ?

Ce sont des maladies contre lesquelles il est compliqué de faire des vaccins. Il y a des vaccins qui sont dans des phases avancées, qui ont été développés, qui vont même par l’OMS être évalués au cours de cette épidémie. Mais on ne sait pas encore s'ils sont complètement efficaces ou pas. Yazdan Yazdanpanah.

Il faut un traitement antiviral. Les antibiotiques, c'est surtout contre les bactéries. Ici, il faut un antiviral. Et là encore, on n'a pas d'antiviraux disponibles. Yazdan Yazdanpanah.

Par contre, quand on fait une pneumonie à ce virus, ça peut se surinfecter par une bactérie et il faut, dans ce cas-là, traiter par les antibiotiques. Mais là, le problème, l'antibiorésistance, ce n’est pas en première ligne. Yazdan Yazdanpanah.

Quelle propagation ? 

La société a une aversion envers tout ce qui est inconnu. Tout ce qui est nouveau. Si vous comparez le nombre de morts qu’il va y avoir à ce coronavirus avec le nombre de morts liés au SRAS, ou au nombre de morts liés au paludisme, ça n'a rien à voir : le million de morts chaque année (pour le paludisme), ça n'a rien à voir. Mais comme c'est quelque chose qui vient tous les ans, les gens sont habitués. Donc ils ont moins peur. Après, je pense que malgré tout, il faut prendre au sérieux et il faut lutter contre (ce nouveau virus). Yazdan Yazdanpanah.

Les symptômes au départ sont : fièvre, symptômes pseudo grippal. Ça veut dire avoir mal dans les articulations, dans les muscles, avoir mal à la tête. Et ensuite des signes respiratoires : tousser, cracher et être essoufflé. Ça ressemble vraiment à la grippe. C'est pour ça que c'est difficile de faire la part des choses. Yazdan Yazdanpanah.

C'est pour ça qu'il y a une dizaine de jours, on a eu des moyens de diagnostiquer ce nouveau virus. Et ça, c'est très important parce qu'on peut faire la part des choses... Si vous avez ces symptômes et que vous venez de Wuhan (en Chine) pour l'instant, depuis moins de quinze jours, on va vous mettre à l'hôpital. On va vous isoler. On va faire des prélèvements pour infirmer ou affirmer cette maladie. Yazdan Yazdanpanah.

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Intervenants
  • Directeur de l’Institut d’immunologie, inflammation, infectiologie et microbiologie à l’Inserm et chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Bichat à Paris
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