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Femmes transportant des sacs de nourriture distribués au Soudan pendant la famine. Photo prise le 4 mars 2017 à Ganyel, Soudan du Sud.

Famines : quels risques face au Covid-19 ?

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En pleine épidémie mondiale de Covid, certains pays craignent plus d’avoir à affronter la famine que le virus. Pourquoi la propagation du Covid peut-elle entraîner une crise alimentaire ? Quels pays sont concernés par le risque de famine ?

Femmes transportant des sacs de nourriture distribués au Soudan pendant la famine. Photo prise le 4 mars 2017 à Ganyel, Soudan du Sud.
Femmes transportant des sacs de nourriture distribués au Soudan pendant la famine. Photo prise le 4 mars 2017 à Ganyel, Soudan du Sud. Crédits : ALBERT GONZALEZ FARRAN - AFP

En pleine épidémie mondiale de Covid, certains pays craignent plus d’avoir à affronter la famine que le virus. D’après un rapport sur les crises alimentaires publié par des agences de l’ONU fin avril, 135 millions de personnes issues de 55 pays étaient en situation "d’insécurité alimentaire aiguë" en 2019. Avec l’actuelle pandémie, ce chiffre devrait très fortement augmenter en 2020, le programme alimentaire mondial allant même jusqu’à estimer qu’il pourrait doubler. 

Pourquoi la propagation du Covid peut-elle entraîner une crise alimentaire ? Quels pays sont concernés ? Comment mesurer les risques de famine ? 

Guillaume Erner reçoit Thierry Pouch, économiste, chef du service études et prospectives de l’APCA (Assemblée permanente des Chambres d'agriculture) chercheur associé à l’Université de Reims Champagne-Ardenne.

Un risque de crise alimentaire qui n'épargne personne 

"L’épidémie peut comporter un risque de crise alimentaire à l’échelle mondiale y compris dans les pays industrialisés. Et ça s’explique parce que les procédures de confinement instaurées dans certains pays entrainent des pertes d’emplois, du chômage partiel et des pertes de revenus. Et faute de ressources monétaires, certains personnes n’ont plus accès à l’alimentation."

En termes de production, les grands secteurs que sont les céréales et le riz, ne souffrent pas du spectre de sous production. Il y a des stocks importants de l’offre. Là, nous sommes dans une configuration d'un choc de demande. C’est-à-dire qu’on ne peut pas accéder aux disponibilités monétaires. Donc il faut organiser des circuits de commercialisation, des baisses de prix ou des mécanismes d’aide alimentaire comme aux États-Unis. Thierry Pouch

Un marché verrouillé et des prix qui s'envolent ?  

L’augmentation des prix de certaines céréales s’explique par le fait que les pays producteurs parmi les plus importants que sont la Russie, l’Ukraine et la Kazakhstan  pour le blé et le Vietnam pour le riz restreignent leurs exportations au moins temporairement. Ce qui fait que malgré l’abondance d’offres, le fait de se retirer du marché mondial fait automatiquement augmenter les prix. Malgré tout, ce sont des produits qui sont assez rares dans le sens de la hausse. Thierry Pouch

"Les stocks de précaution sont indissociables d’une stratégie de sécurité alimentaire. On préfère conserver la production sur le territoire national pour ne pas être trop dépendant des fluctuations des prix et pour assurer à la population une disponibilité alimentaire suffisante. Mais il faut réfléchir à des procédures de sécurisation alimentaire et remettre la sécurité alimentaire au cœur des préoccupations."

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Intervenants
  • économiste, chef du service études et prospectives de l'Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture à Paris, et chercheur associé au laboratoire Regards de l'Université de Reims Champagne Ardenne
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