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Photo prise le 3 avril 2019 à Paris.

Faut-il s’inquiéter de la prédominance de Doctolib ?

8 min
À retrouver dans l'émission

Il y a un Doctolib avant et après la pandémie. Aujourd’hui, 90% de l’accès aux centres de vaccination covid passe par cette plateforme numérique de prise de rendez-vous médicaux et vaccinaux. Comment la crise sanitaire a-t-elle accru la prédominance de Doctolib ? Faut-il s'en inquiéter ?

Photo prise le 3 avril 2019 à Paris.
Photo prise le 3 avril 2019 à Paris. Crédits : ERIC PIERMONT - AFP

Qui n’a pas pris son rendez-vous sur Doctolib, la plateforme numérique des rendez-vous médicaux et maintenant aussi vaccinaux ? Depuis le début de la crise sanitaire, cette start-up franco-allemande, née en 2013, a pris une position grandissante pour ne pas dire hégémonique sur le marché de la santé numérique. Elle dispose aujourd’hui de millions de données plutôt « sensibles » car relatives à notre santé. Faut-il s’en méfier, s’en inquiéter ? 

Guillaume Erner reçoit Nathalie Martial-Braz, professeure de droit du numérique à l’Université de Paris, co-directrice du Master 2 Droit de la protection des données, membre de l’Institut Universitaire de France.

Doctolib, poussé par la crise

Nathalie Martial-Braz rappelle qu'avant la crise, Doctolib était avant tout un système de réservation qui collectait des données personnelles avec un certain flou sur les données impliquant la santé. 

Depuis la crise et la multiplication des téléconsultations qu'il a rendu possibles, Doctolib a généré davantage de données à caractère personnelles sensibles, des données de santé qui, par conséquent, vont avoir une incidence plus grave pour les populations. 

Qu'est-ce qu'une donnée sensible ? 

Certains données sont plus sensibles parce qu'elles génèrent un risque accru sur la propriété de l'individu sur sa vie privée.

Une donnée sensible est soumise à un régime particulier qui n'est pas le même que les données à caractère personnel, qui sont soumises à un régime de droit commun. Les données de santé, elles, ont une base de traitement différente. Par exemple, si vous traitez des données à caractère personnel sur le fondement du consentement, il va falloir recueillir un consentement explicite. Puisqu'il n'y a plus de risques pour la vie privée de l'individu, il faut renforcer les règles pour que chacun puisse se sentir plus protégé. 

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Intervenants
  • professeure de droit du numérique à l’Université de Paris, co-directrice du Master 2 Droit de la protection des données. Membre de l’Institut Universitaire de France.
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