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Les collectifs et les associations de femmes se mobilisent depuis plusieurs années pour réclamer des actions gouvernementales.

Féminicides : comment protéger les victimes de violences ?

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À retrouver dans l'émission

Pendant le deuxième confinement, la plate-forme de signalement en ligne des violences sexuelles et sexistes a enregistré une hausse de 60 % des appels de victimes, et depuis le début de l'année, 51 femmes ont été victimes de féminicides. Les outils législatifs actuels sont-ils insuffisants ?

Les collectifs et les associations de femmes se mobilisent depuis plusieurs années pour réclamer des actions gouvernementales.
Les collectifs et les associations de femmes se mobilisent depuis plusieurs années pour réclamer des actions gouvernementales. Crédits : Robert Deyrail - Getty

Le 4 mai 2021, Chahinez Daoud, une mère de famille de 31 ans, est décédée après avoir été blessée par balles et immolée par le feu en pleine rue par son mari, déjà connu des autorités pour des faits de violences. Le résultat de graves dysfonctionnements selon un rapport remis mercredi au gouvernement, qui annonce dans la foulée une nouvelle série de mesures pour lutter contre les féminicides. Comment protéger efficacement les victimes ?

Pour en parler Guillaume Erner reçoit Zoé Royaux, avocate pénaliste et porte-parole de la Fondation des Femmes.

De nouvelles mesures

La Fondation des femmes avait présenté 12 recommandations, dont six mesures ont été retenues par le gouvernement. Parmi elles, la mise à disposition de 3 000 téléphones "grave danger" supplémentaires. 

Le téléphone "grave danger" est équipé d'un bouton d'alerte qui permet de mettre la victime en contact avec un centre d'assistance disponible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. La téléassistance est relié aux services de la police nationale et aux unités de la gendarmerie nationale.

Zoé Royaux, présente les autres mesures : 

Une fusion des fichiers police justice, pour évaluer le danger encouru par la victime. Le renforcement du contrôle pour la détention et l'acquisition des armes à feu. La création d'un fichier d'auteurs de violences conjugales, un peu sur le même fondement que le fichier des auteurs de violences sexuelles. Davantage de bracelets anti-rapprochement et enfin une expertise psychiatrique ou psychologique lors d'un aménagement de peine si l'individu est détenu. 

Comprendre les violences, et les auteurs

S'il n'y a pas d'étude sur les auteurs de violences sur les femmes, une régularité pourrait s'observer. Des signaux faibles chez ces hommes pourraient être visibles, avant qu'ils passent à l'acte.

Ces signaux pourraient nous alerter si on comprenait exactement ce qu'étaient les violences conjugales. On s'imagine que ce sont des violences uniquement physiques, celles qu'on peut repérer, alors qu'en fait elles commencent d'abord par des violences psychologiques. Il y a un climat qui s'installe, c'est aussi des violences sexuelles, économiques, parentales. Pour pouvoir les repérer, il faut être formés pour ça. Les policiers et les gendarmes, qui sont les premiers interlocuteurs, doivent être formés pour repérer ces violences et éventuellement agir à temps et pas uniquement trop tard.

Intervenants
  • avocate pénaliste et porte-parole de la Fondation des Femmes
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