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Photo prise le 26 septembre 2019 montrant le nuage de fumée créé par l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen.

Incendie à Rouen : quels sont les risques pour la population ?

7 min
À retrouver dans l'émission

L'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen jeudi 26 septembre a dégagé un épais nuage de fumée noire sur l'ensemble de l'agglomération. Le site est classée Seveso. Que signifie cette classification ? Quelle est la réglementation française concernant les risques industriels ?

Photo prise le 26 septembre 2019 montrant le nuage de fumée créé par l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen.
Photo prise le 26 septembre 2019 montrant le nuage de fumée créé par l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen. Crédits : PHILIPPE LOPEZ - AFP

Jeudi 26 septembre 2019, à Rouen, crèches, écoles, collèges et lycées seront fermés. L’incendie de l'usine Lubrizol qui s’est déclaré tôt la veille a donc été maîtrisé quelques heures plus tard. Un périmètre de confinement a été mis en place, des écoles ont été fermées dans la foulée, des risques de pollution de la Seine sont à craindre. Les autorités n’ont déploré aucune victime et déclaré n’avoir relevé aucune « toxicité aiguë » dans les fumées dégagées. Cette usine est classée Seveso, comme plus de 1 200 sites en France. Qu’implique cette classification ?

Guillaume Erner reçoit Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé, directrice de recherche honoraire à l’INSERM, spécialiste des maladies professionnelles et environnementales, autrice notamment de Travailler peut nuire gravement à votre santé (La Découverte, 2016) et La Science asservie (La Découverte, 2014).

Est-ce le premier incident connu dans cette usine Lubrizol ?

Elle n’est pas inconnue et ce qui se passe est grave. Il y a six ans, il y a eu un autre incendie avec un gaz toxique et la seule sanction a été de 4 000 euros. C’est assez peu dissuasif. D’autant que les produits de cette usine sont classés "Seveso seuil haut" ce qui veut dire qu’il y a des produits hautement toxiques, non seulement dans l’immédiat, mais surtout ce sont des produits toxiques en différé qui comportent probablement les fameux cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction. J’espérais qu’hier soir dans sa conférence de presse le préfet donnerait des éléments sur ce qui est parti en fumée. Ce dont on est sûr, c’est que lorsque ça brûle on trouve au minimum ce qu’on appelle les hydrocarbures polycycliques aromatiques qui sont toxiques. Une partie de ces hydrocarbures sont présents dans le tabac. Ce qui signifie que ce nuage qui est passé au-dessus de Rouen est chargé en poussières hautement toxiques et au minimum cancérogènes.

La zone qui est touchée c’est donc la zone de panache de fumée ?

Oui, en retombant, les poussières qui sont des microparticules se déposent notamment sur les cultures. La précaution qui a été prise de dire : ne mangez pas les fruits et légumes de votre potager est bonne bien sûr, mais il est très probable que cette poussière se soit aussi déposée sur les voiries, les toits, les fenêtres, et qu’il y ait donc un environnement encore plus dangereux que d’habitude.

Alors, que faut-il suggérer à ceux qui ont de la poussière et ont été présents sur le passage de fumée ?

Il faut certainement prendre des précautions avec les enfants : des précautions d’hygiène, ne pas rentrer avec ses chaussures dans la maison. Il faut mettre en place un suivi médical pour toutes les personnes exposées pour anticiper sur des maladies qui mettent des années voire des décennies à se déclencher. Une des choses dont je suis surprise c’est qu’il n’y ait pas eu, en plus des fermetures d’école, un droit de retrait pour tous les salariés de la zone sous le panache.

Il y a également des logements dans la zone, et donc des personnes qui y vivent actuellement. Sont-ils menacés ?

Apparemment, il y a des logements autour à moins de 200 mètres de l’usine, donc évidemment cette partie-là est hautement polluée, en attendant que les choses se calment, l’incendie est maîtrisé mais pas éteint donc il y a forcément encore de la poussière. Il faut éviter les déplacements dans cette zone.

Vous pouvez écouter l'interview dans son intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page ou consulter la vidéo ci-dessous.

Intervenants
  • Sociologue de la santé, directrice de recherches honoraire à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), présidente de l'association Henri Pézerat (santé, travail, environnement.)
L'équipe
Production
Réalisation
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