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Photo prise lors d’une manifestation en faveur du droit à l’avortement à Toulouse le 1er février 2014.

IVG : que peut changer un allongement du délai légal à 14 semaines ?

7 min
À retrouver dans l'émission

Depuis lundi 29 novembre 2021, l'Assemblée Nationale examine une proposition de loi visant à étendre le délai légal de recours à l'IVG en France de 12 à 14 semaines. Que peut changer cet allongement du délai légal de recours à l'avortement ?

Photo prise lors d’une manifestation en faveur du droit à l’avortement à Toulouse le 1er février 2014.
Photo prise lors d’une manifestation en faveur du droit à l’avortement à Toulouse le 1er février 2014. Crédits : REMY GABALDA - AFP

Depuis lundi 29 novembre 2021, l'Assemblée Nationale examine une proposition de loi visant à étendre le délai légal de recours à l'IVG en France de 12 à 14 semaines. Ce n’est pas la première fois que cette proposition est débattue par les parlementaires. Cette disposition est réclamée depuis longtemps par les associations féministes, au nom notamment d’une plus grande justice sociale. En Europe, le délai légal moyen est de 13 semaines. Que peut changer un allongement de 12 à 14 semaines ? 

Guillaume Erner reçoit Ghada Hatem-Gantzer, gynécologue-obstétricienne, fondatrice de la Maison des Femmes de Saint-Denis, signataire de la tribune parue dimanche 28 novembre 2021 dans le JDD appelant à un renforcement du droit à l'IVG en France.

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

L'esprit d'une loi

Adoptée en première lecture il y a un an puis rejetée par le Sénat, cette proposition de loi revient aujourd'hui devant les députés. Que peut changer, selon vous, un allongement de la durée légale pour avorter de 12 à 14 semaines ?

Cela ne va pas révolutionner la situation, mais faciliter l'accès à l'IVG pour des femmes qui découvrent leur grossesse trop tard, ou qui ont un changement majeur de projet de vie, souvent à cause de violences apparues dans le couple ou face à d'autres situations. Aujourd'hui, ces femmes n'ont pas le choix de garder leur grossesse ou bien d'aller à l'étranger. Et là, on arrive à une santé à deux vitesses : pour les riches, et pour les pauvres. L'autre solution serait l'avortement à motif psychosocial. C'est une loi qui existe, très difficile à mettre en œuvre, et peu d'équipes s'y emploient.

Un projet de loi bénéfique

Vous êtes favorable à cet allongement ?

Je pense que ce serait une très bonne chose. Cela permettrait à ces femmes de demander très tranquillement accès à un droit élémentaire, celui à disposer de son corps. C'est quand même surprenant qu'on accepte beaucoup de choses dans cet ordre : la loi du 4 mars 2001, dite loi Kouchner, autorise les individus à décider s'il veulent être soignés pas soignés ou à ne pas manger s'ils le veulent. Là, bizarrement, c'est le corps des femmes et c'est la société qui décide pour elles.

Une opération techniquement ordinaire

Que change, sur le plan technique, un avortement à 14 semaines par rapport à un avortement à 12 semaines ?

C'est exactement la même technique qu'à 9, 10, 11, 12 ou 13 semaines. C'est une technique chirurgicale, c'est le choix que nous faisons car c'est plus rapide ainsi pour la femme. Quand on en est à 14 semaines, c'est un peu plus long, car le fœtus est un peu plus grand, mais c'est techniquement très semblable, et on ne peut pas dire qu'il y a plus de risques, d'accidents.

Les délais moyens

Aujourd'hui, dans quel délais moyen l'IVG est-il réalisé en France ?

Merci de me poser cette question, car je voudrais rassurer tout le monde : nous ne sommes pas dans une situation où nous allons avorter des milliers de femmes très enceintes. Nous voulons juste répondre à des situations particulières et particulièrement difficiles. La plupart des femmes avortent dès qu'elles savent qu'elles sont enceintes, parce qu'elles sont très au clair avec leur projet de vie. Quelques fois, ce n'est pas si facile, il y a de l'ambivalence et des situations complexes, et là, cela va tout changer pour elles.

L'IVG pendant la pandémie

Est-ce que la pandémie a modifié quelque chose à ces questions liées à l'IVG et la contraception ?

Un peu, au début : dans le premier confinement, on a vu arriver beaucoup moins de femmes. Je pense qu'il y a plusieurs raisons à cela. D'abord, beaucoup de femmes n'avaient plus leurs règles, à cause du stress. Et il y avait clairement moins d'activité sexuelle. Il y a donc eu moins d'IVG et moins de naissances. Maintenant, cela se rééquilibre à nouveau.

Intervenants
  • Gynécologue-obstétricienne, fondatrice de La Maison des Femmes de Saint-Denis
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