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Tank de l'armée irakienne lors d'un combat avec des membres du groupe Etat Islamique. Photo prise à Mossoul en Irak le 10 janvier 2017.

La France "sous-traite"-t-elle l’élimination de ses ressortissants djihadistes en Irak ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Fin mai, le « Wall Street Journal » publiait un article sur la manière dont les forces spéciales françaises feraient appel à des militaires irakiens, pour éliminer des Français combattant auprès de l’Etat Islamique. Une liste d'une trentaine de ressortissants français à éliminer circulerait en Irak.

Tank de l'armée irakienne lors d'un combat avec des membres du groupe Etat Islamique. Photo prise à Mossoul en Irak le 10 janvier 2017.
Tank de l'armée irakienne lors d'un combat avec des membres du groupe Etat Islamique. Photo prise à Mossoul en Irak le 10 janvier 2017. Crédits : DIMITAR DILKOFF - AFP

Est-ce que cette histoire vous paraît crédible ?

Il faut savoir dans un premier temps que la doctrine française est qu’il n’y a pas d’élimination ciblée contre ses propres ressortissants. Dans un second temps, la question du ciblage de ses propres ressortissants se pose de manière récurrente aux Etats qui font face au terrorisme international. Amélie Ferey

"Ce qui pose problème c’est la justification politique de cibler ses propres citoyens"

L’armée française ne tue pas directement ses ressortissants, elle sous-traite. Ne serait-ce pas une manière de biaiser avec le droit ?

Les éliminations ciblées ne sont pas illégales en tant que telles. La légalité est controversée pour des théâtres d’opération avec des Etats avec lesquels on n’est pas en guerre. Pour la France, la légalité des frappes en Irak ne pose pas vraiment de problèmes, ce qui pose problème c’est la justification politique de cibler ses propres citoyens.

La justification politique est escamotée par le fait qu'en France tout ceci se déroule en secret. Est-ce qu’aux Etats-Unis par exemple on parvient à le justifier, est-ce qu’il y a des réflexions en termes de droit international sur ces « targeted killings » (assassinats ciblés) ?

Les Etats se sont toujours autorisés à tuer leurs ennemis. La nouveauté avec les assassinats ciblés, c’est qu’ils le font de manière plus ou moins légale, en reconnaissant à demi-mot ces pratiques-là. Ce que dit l’article c’est qu’il y a 1700 français dans l’Etat islamique, et trente personnes sur la liste, ce qui est moins important. La stratégie adoptée, c’est de cibler les personnes qui ont des compétences. Par exemple quand vous ciblez un artificier, vous retardez l’échéance du prochain attentat.

Retrouvez l'article du Wall Street Journal (accessible sur abonnement).

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  • Chercheuse en relations internationales à l'IRSEM (Institut de Recherche Stratégique de l'Ecole Militaire) et au CERI/Sciences Po. Elle a notamment travaillé sur les politiques d’assassinats ciblés en Israël et aux Etats-Unis.
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