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Homme livrant un repas à domicile pendant le confinement.

La pandémie a-t-elle modifié nos pratiques alimentaires ?

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Pendant le confinement, chacun a dû repenser et réorganiser son quotidien : en télétravail, à la maison, avec ou sans enfants, dans un contexte de déplacements limités, de crainte de pénuries pour certains, notre rapport à l’alimentation a lui aussi changé.

Homme livrant un repas à domicile pendant le confinement.
Homme livrant un repas à domicile pendant le confinement. Crédits : Urbazon - Getty

Pendant le confinement, chacun a dû repenser et réorganiser son quotidien : en télétravail, à la maison, avec ou sans enfants, dans un contexte de déplacements limités, de crainte de pénuries pour certains, notre rapport à l’alimentation a lui aussi changé. Comment cela s’est-il concrètement traduit ? Quelle place l’alimentation a-t-elle pris dans nos vies ? Certaines pratiques pourraient-elles être pérennisées ?

Guillaume Erner reçoit Eric Birlouez, ingénieur agronome, sociologue de l’agriculture et de l’alimentation, assure des enseignements à AgroParisTech, auteur notamment de « Que mangeaient nos ancêtres ? De la préhistoire à la première guerre mondiale » (Editions Ouest-France).

Renforcement d'une consommation bio et locale : tendance durable ou ponctuelle ? 

Il  y a d'abord eu les impacts sur nos pratiques alimentaires, la manière et la façon dont nous mangeons et ce que nous mangeons mais aussi, la manière dont on s'approvisionne, dont on prépare la nourriture. Et puis il y a eu également des impacts sur notre rapport à l'alimentation, c'est-à-dire la manière dont nous pensons l’alimentation. On a vu que certains produits avaient été davantage achetés d'ailleurs, surtout dans un premier temps pendant que d'autres avaient été délaissés. Eric Birlouez

" On a consommé davantage dans des magasins de proximité, chez des producteurs locaux, via le commerce alimentaire où le bio est plus représenté traditionnellement. Il y a eu deux choses qui expliquent une surconsommation de produits bio. Pour une partie des consommateurs, on percevait le bio et on l'a perçu encore plus comme plus naturel, plus sain, et moins mondialisé. Et puis, dans les pratiques, il y a eu aussi plus de cuisine et des aliments faits maison comme le pain."

Une volonté de mieux consommer qui n'est pas donnée à tous 

" Pour un certain nombre des Français, la manière dont ils pensent la nourriture a changé et on redécouvre la valeur vitale de l’alimentation. Et puis, on redécouvre également qu'il existait un système alimentaire qui a bien fonctionné durant le confinement. On a pris conscience également des acteurs oubliés de ces systèmes alimentaires. Les invisibles, bien sûr. On a parlé des caissières de supermarché, mais aussi des producteurs agricoles, des chauffeurs livreurs ou encore des magasiniers."

Il y a deux choses auxquelles je ne crois pas du tout qui serait le changement profond et rapide de notre système alimentaire. Mais je ne crois pas non plus à l'absence de  changement il y a des choses qui vont durer. Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce n'est pas toute la société française qui va changer. Il y a une partie des consommateurs qui va se trouver renforcée par la crise du coronavirus dans leur conviction de consommer local et bio. Mais il faut bien avoir en tête que c'est dans une fraction de la société française que le changement va être réel. Parce que n'oublions jamais qu'en matière d'alimentation, il y a deux choses il y a le pouvoir d'achat et il y a le vouloir d'achat. Eric Birlouez

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

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