LE DIRECT
Photo prise le 3 octobre 2019 aux abords de la préfecture de police de Paris, juste après l’attaque au couteau de quatre agents de police, au sein de la préfecture.

Lutte contre la radicalisation : faut-il changer de stratégie ?

8 min
À retrouver dans l'émission

L'attaque au couteau au sein de la préfecture de police de Paris, jeudi 3 octobre 2019, a fait quatre morts. L'auteur travaillait au sein même de la préfecture. A partir de quand peut-on considérer qu’un individu est radicalisé ? Quels signes prendre en compte ?

Photo prise le 3 octobre 2019 aux abords de la préfecture de police de Paris, juste après l’attaque au couteau de quatre agents de police, au sein de la préfecture.
Photo prise le 3 octobre 2019 aux abords de la préfecture de police de Paris, juste après l’attaque au couteau de quatre agents de police, au sein de la préfecture. Crédits : MARTIN BUREAU - AFP

« Un soupçon de radicalisation chez un fonctionnaire devra automatiquement faire l’objet d’une signalisation », a déclaré lundi 7 octobre 2019, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, quatre jours après l’attaque au couteau au sein de la préfecture de Paris du jeudi 3 octobre 2019. Une attaque qui a fait quatre morts parmi les fonctionnaires de police. L’auteur de l’attaque travaillait pour la direction du renseignement et était habilité « secret défense ». Il a échappé à la vigilance de ses collègues et des autorités. Comment identifier un individu radicalisé ? Quelle stratégie adopter pour repérer ceux qui sont susceptibles de passer à l’acte ?
 

Guillaume Erner reçoit Thibault de Montbrial, avocat au barreau de Paris, président du Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure, membre du conseil scientifique de l’Ecole de Guerre. 

Vous pouvez écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Le cas de l'attaque du 3 octobre

Thibault de Montbrial plaide pour une vigilance accrue : "Il ne faut pas dramatiser, mais il faut une vigilance sans naïveté. Il faut avoir conscience des stratégies d'infiltration et de retournement d'agent."

Il y a manifestement eu un dysfonctionnement dans le cas de l'assaillant du 3 octobre qui s'était réjoui des attentats de Charlie Hebdo sans être signalé : "C'est un acte d'apologie du terrorisme. Indépendamment de la question de la radicalisation, cela aurait dû conduire directement à un rapport à la hiérarchie. Ici, il y a une faute énorme." Thibault de Montbrial

La détection de la radicalisation

Un faisceau d'indices peuvent mettre sur la voie d'une radicalisation, même si pris séparément ils ne sont pas problématiques : "Il y a tout un tas d'indices : changement brutal d'attitude, un repli sur soi, une attitude plus agressive, un prosélytisme. Il faut plusieurs de ces indices : le fait que quelqu'un devienne très religieux d'un coup n'est pas un problème." Thibault de Montbrial

"Il y a une contrainte : les collègues et supérieurs des personnes [qui présentent ces signes] sont tétanisés à l'idée d'être accusés de discrimination. Or il faut faire la différence entre la discrimination, pas acceptable, et le fait d'être lucide sur l'évolution d'une personne." Thibault de Montbrial

Les conséquences de l'attaque sur les institutions

"L'impact de cet attentat sur le cœur même de nos institutions est épouvantable. Il s'agit d'un individu qui a changé au cœur du système. Et la défiance envers les uns et les autres est une conséquence de ce qu'il s'est passé. Il faut évidemment se garder de se retrouver avec une avalanche de faux positifs." Thibault de Montbrial

Intervenants
  • avocat au barreau de Paris, président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure
L'équipe
Production
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......