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Photo prise dans un quartier de Buenos Aires en Agentine le 11 janvier 2019.

L’Argentine peut-elle échapper à la faillite ?

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Depuis presque deux ans, l'Argentine est enlisée dans une crise profonde et le coronavirus ne fait qu’aggraver sa situation économique et sociale. Aujourd’hui, ne parvenant pas à rembourser sa dette, le pays tente de négocier avec ses créanciers. Pourra-t-il échapper à la faillite ?

Photo prise dans un quartier de Buenos Aires en Agentine le 11 janvier 2019.
Photo prise dans un quartier de Buenos Aires en Agentine le 11 janvier 2019. Crédits : RONALDO SCHEMIDT - AFP

L’Argentine a encore une semaine pour restructurer sa dette de 66 milliards de dollars. Jeudi 21 mai 2020, elle est parvenue, pour la deuxième fois, à obtenir un nouveau délai pour trouver un accord avec ses créanciers, notamment ses créanciers privés. Depuis presque deux ans maintenant, le pays est enlisé dans une crise profonde et le coronavirus ne fait qu’aggraver sa situation économique et sociale. Aujourd’hui, ne parvenant pas à rembourser sa dette, il tente de négocier. Mais pourra-t-il échapper à la faillite ? 

Guillaume Erner reçoit Sébastien Velut, professeur de géographie à l'Institut des Hautes Etudes de l' Amérique latine.

Un pays habitué à la faillite ? 

"Pour l'Argentine, il faut d'abord dire que c'est quelque chose qui est déjà arrivé. C'est même arrivé plusieurs fois dans l'histoire du pays. Il y a eu une faillite monumentale de l’État en 2001. Et puis il y a eu un défaut de paiement en 2014. Et là, on ne sent pas une inquiétude énorme chez les Argentins par rapport à cette menace de faillite. Notamment parce que pour l'instant, je pense qu'ils sont encore confiants sur l'idée qu'ils vont trouver un accord avec leurs créanciers."

Si l'on regarde la séquence qui vient de se dérouler durant les vingt dernières années, l'Argentine a connu une crise en 2001 majeure puis une récupération économique. Elle a ensuite soldé progressivement, ses dettes. Et puis quand son taux d'endettement a été très faible, elle s'est de nouveau endettée. Aujourd'hui, c’est cette nouvelle dette qu'elle n'arrive pas à rembourser. Donc il y a un cycle de désendettement et d'endettement du pays qui aboutit aujourd'hui à cette crise. Sébastien Velut

Que se passera-t-il si les négociations n'aboutissent pas ? 

"Ce qui va se passer si les négociations avec les créanciers n'aboutissent pas, c'est que l'Argentine ne sera pas en mesure de payer. Et les créanciers n'auront pas leur argent. Donc les créanciers ont tout intérêt à négocier. Et après, il faudra de toute façon trouver un accord pour étaler les paiements. Le gouvernement de Fernandez essaye de faire ça de façon ordonnée et de ne pas faire ça de façon désordonnée après une crise majeure."

Il y a plusieurs questions. Comme c'est un pays qui a une mauvaise historique de remboursement des dettes, le pays a tendance à payer des taux d'intérêt élevés sur les marchés, car l'Argentine s'est endettée. Elle a d'ailleurs placé des bons sur les marchés internationaux à des taux élevés, mais avec succès puisqu'elle était très peu endettée. Sauf qu’après la crise, les exportations diminuent, la croissance ralentit, on ne peut plus rembourser et donc cette dette devient incontrôlable. Et si on dépense tout le budget de l’État, il est clair qu'on ne peut rien restructurer du tout dans le secteur économique. Sébastien Velut

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Intervenants
  • géographe, professeur à l'université Paris 3, ancien directeur de l'Institut des hautes études de l'Amérique latine (IHEAL) et du Centre de recherche et de documentation des Amériques (CREDA)
L'équipe
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Réalisation

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