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Des exemplaires du quotidien national "Le Monde" sont photographiés, le 15 juin 2010 à Strasbourg.

Le Monde : comment préserver l’indépendance éditoriale face aux actionnaires ?

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À retrouver dans l'émission

« Le Monde », « Télérama », « Courrier International », « La vie »… Journalistes et personnels de plusieurs titres appartenant au groupe « Le Monde » demandent, via des tribunes, que leur indépendance éditoriale soit préservée.

Des exemplaires du quotidien national "Le Monde" sont photographiés, le 15 juin 2010 à Strasbourg.
Des exemplaires du quotidien national "Le Monde" sont photographiés, le 15 juin 2010 à Strasbourg. Crédits : JOHANNA LEGUERRE - AFP

L’arrivée d’un nouvel actionnaire, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, l’année dernière, dans le groupe "Le Monde" aujourd’hui détenu à 75% par Xavier Niel, Mathieu Pigasse et l’ayant droit de Pierre Berger, soulève de nombreuses inquiétudes. Journalistes et salariés veulent des garanties d’indépendance.

Guillaume Erner reçoit Raphaëlle Bacqué, grand reporter au quotidien « Le Monde », élue au bureau de la Société des Rédacteurs du Monde. 

Raphaëlle Bacqué revient sur la principale revendication des employés du Monde : "Nous demandons à Mathieu Pigasse et Daniel Kretinsky de respecter une promesse faite il y a quelques temps : que la société des rédacteurs et le pôle d'indépendance du Monde aient un droit d'agrément, que chaque changement de capital soit soumis à notre approbation... Nous espérons les convaincre de signer cette clause d'agrément. "

Les actionnaires :

"Jusqu’ici, tout allait bien ils - le trio d'actionnaires Bergé/Niel/Pigasse - sont là depuis 2010. Malgré la méfiance, à l’époque, ils se sont jusqu’ici extrêmement bien conduits,  ça a permis de développer le journal et ils n’ont jamais regardé l’éditorial." Raphaëlle Bacqué.

"Pour l’instant, Daniel Kretinsky (homme d'affaires qui a jusqu'ici surtout investi dans l'énergie) est en passe de se substituer à Mathieu Pigasse et s’il rachète les parts de Prisa, il va gagner en pouvoir et en place dans le capital. Raphaëlle Bacqué.

Xavier Niel a toujours dit qu’il ne voulait pas être le seul actionnaire du "Monde" et d’ailleurs nous aussi, nous n’avons pas envie d’avoir un seul actionnaire. Plusieurs actionnaires, c’est l’idéal au fond, car vous n’avez pas quelqu’un qui a la main sur le journal, un actionnaire unique. Xavier Niel a d’ailleurs signé ce droit d’agrément que nous réclamons. Raphaëlle Bacqué.

La valeur de leur capital est étroitement liée à la valeur du journal. La valeur du journal, c'est son indépendance. Les actionnaires doivent comprendre que leur investissement vaut si le journal a du crédit." Raphaëlle Bacqué.

Pourquoi investir dans les médias ?

"Il n’y a pas tant de millionnaires ou de fortunes importantes prêts à investir dans la presse ou les médias en général - ce n’est pas une activité extrêmement rentable en général". Raphaëlle Bacqué.

Jusqu’à présent, ceux qui le font c’est pour gagner en influence. Gagner en influence ça ne veut pas forcément dire dicter la ligne éditoriale d’un journal. Raphaëlle Bacqué.

"Je rappelle que quand Xavier Niel est arrivé en 2010 il était déjà très puissant, il avait déjà Free, or il n’était pas du tout dans l’establishement, il n’était pas connu, ce qui paraît incroyable avec le recul. Or en mettant un pied dans Le monde, il est entré dans l’establishment, mais il n’a jamais influencé la ligne éditoriale, je dois le dire. Ce groupe d’actionnaires s’est très bien conduit jusque-là". Raphaëlle Bacqué.

Vous pouvez réécouter l'interview en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page ou consulter la vidéo ci-dessous.

Liens :

La tribune des journalistes du Monde

La tribune publiée dans Télérama

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