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La Grande Mosquée de Paris

L'islam en France : l'unité est-elle possible ?

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Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, vient d'annoncer son retrait du projet de Conseil national des imams, accusant la composante islamiste du Conseil français du culte musulman de saborder les discussions en cours sur une charte commune des valeurs républicaines. Analyse.

La Grande Mosquée de Paris
La Grande Mosquée de Paris Crédits : Universal History Archive/Universal Images - Getty

Hervé Gardette reçoit Mohamed Sifaoui, journaliste et essayiste, spécialiste des questions d’islam.

Un mois et demi après le début du travail des différentes fédérations qui composent le CFCM, et qui devait aboutir à l'adoption d'une charte des valeurs républicaines auxquelles devrait adhérer les différentes composantes de l’islam de France, le document de synthèse n'a pas fait l’unanimité. Mohamed Sifaoui revient sur les points précis sur lesquels les discussions ont achoppé.

Mohamed Sifaoui : Il y a d'abord la notion d’apostasie, le fait de renoncer à sa religion est considéré comme un crime par certaines fédérations, pouvant justifier l’élimination physique de l'individu qui fait ce choix, qui relève de la liberté de conscience. Autre exemple, la Charte proposait d'inclure une dénonciation claire de "l’antisémitisme, de la misogynie et de l’homophobie". Ces trois mots ont été rejetés par les fédérations qui sont proches du Millî Görüş, une organisation turque, des Frères musulmans ou du mouvement fondamentaliste Tabligh représenté en France par l’association Foi et pratique, qui souhaitaient les remplacer par une dénonciation du racisme sous toutes ses formes. C’est un mouvement que l’on observe dans tous les mouvements islamistes de vider les mots de leur sens réel, de leur substance. Les islamistes n’ont pas envie de clarifier.

Et après l'échec de la rédaction de cette charte commune, Mohamed Sifaoui dresse le constat selon lequel les différentes composantes islamistes du CFCM phagocytent cette institution et en appelle à une réaction des pouvoirs publics :

Mohamed Sifaoui : Ces organisations rendent le fonctionnement normal du CFCM impossible. Il serait logique que les pouvoirs publics apprennent à choisir leurs partenaires parmi les différentes composantes de l’islam de France. Qu’ils travaillent avec celles qui font le pari de la République, de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, du respect de la laïcité, bref de toutes les valeurs qui fondent notre société.

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